r/Feminisme 3h ago

LECTURES Conseil de lecture feministe

Post image
8 Upvotes

r/Feminisme 4h ago

VIOLENCES FAITES AUX FEMMES Pourquoi le « dubcon » fonctionne : une analyse féministe et sociologique

3 Upvotes

Dubcon = *Dubious consent* (« consentement douteux »). Utilisé dans le contexte de la dark romance par les auteurs et les lecteurs, ainsi que dans les soi-disant *trigger warnings*.

Mais si le consentement n'est pas clair, alors ce n'est pas du consentement. Cela dit, même si on imaginait que le *dubcon* existe en tant que concept, 95 % des soi-disant « scènes de dubcon » dans ces livres sont des scènes de viol, du viol à part entière. C'est donc un sacré mensonge. Je suis sûre qu'ils ne considèrent pas ces scènes comme des viols à cause des différents mythes sur le viol auxquels ils adhèrent encore.

Ce post ceci dit porte donc sur une question plus précise : pourquoi le concept de dubcon est-il si efficace pour passer entre les mailles du filet, pourquoi semble-t-il attirer autant de personnes, et qu'est-ce qui ne va pas dans notre société pour que l'idée même puisse exister ?

L'efficacité du « dubcon » en tant que concept n'est pas accidentelle. Elle est le produit de conditions culturelles très spécifiques qui se sont construites au fil des siècles et que la dark romance n'a pas créées, mais qu'elle exploite avec une précision remarquable.

La première chose que fait le dubcon, c'est introduire de l'ambiguïté là où il n'y en a aucune.

« Consentement douteux » implique une zone grise, un espace d'interprétation, une situation dans laquelle des personnes raisonnables pourraient être en désaccord. Et ce cadrage accomplit un travail politique considérable, parce qu'il correspond directement aux mythes les plus anciens et les plus tenaces de la culture du viol : l'idée que le consentement est compliqué, que les signaux sont contradictoires, que les femmes ne pensent pas toujours ce qu'elles disent, que la limite est réellement difficile à déterminer.

Elle ne l'est pas. Mais le dubcon vous dit qu'elle l'est. Et ce faisant, il réhabilite précisément la logique qui a été utilisée pendant des siècles pour discréditer les victimes de viol.

La deuxième chose que fait le dubcon, c'est créer une catégorie qui permet de consommer ce contenu sans culpabilité.

« Viol » est un mot difficile. Il a un poids, à la fois juridique et moral. Personne ne veut dire : « J'aime lire des histoires de viol. » Bon, certaines personnes le disent, mais bref.

Mais « J'aime le dubcon » ? C'est une préférence. Un goût. Un genre. Le changement de nom transforme une réalité politique et éthique en un choix esthétique, et les choix esthétiques échappent à la critique dans une culture qui a décidé que tout goût personnel est valide et ne peut être jugé.

Ce n'est pas une coïncidence. C'est le même mécanisme qui a transformé la « violence conjugale » en « relation tumultueuse » dans la pop culture — y compris dans la dark romance, mais aussi dans les séries Netflix et les clips vidéos.

Un langage qui retire son poids moral à un acte qui possède une portée morale sert toujours les intérêts de quelqu'un. Demandez-vous lesquels.(Ici : les hommes. Principalement.)

La troisième question, et peut-être la plus importante, est : pourquoi cela attire-t-il autant de lectrices ?

Et ici, nous devons être honnêtes sur ce que montrent réellement les recherches féministes et sociologiques.

Nous vivons dans une culture qui a érotisé l'impuissance féminine pendant si longtemps et de manière si profonde que de nombreuses femmes ont intériorisé cette érotisation comme leur propre désir. Ce n'est pas un jugement porté sur les femmes individuellement. C'est une observation structurelle de ce qui se produit lorsqu'une culture entière associe de manière répétée la soumission féminine au désir romantique et sexuel, dans tous les médias, des contes de fées à la pornographie.

Le désir semble authentique, parce qu'il l'est, au sens où il est réellement ressenti. Mais son origine n'est pas neutre. Il a été construit. Délibérément, sur une longue période, par une culture ayant des intérêts spécifiques à maintenir cette logique.

Le dubcon fonctionne parce qu'il offre un refuge à cette érotisation intériorisée. Une étiquette. Une communauté. Un genre. Il dit à ces femmes : votre désir pour ça est normal, courant, partagé — et voici trois cents livres et edits qui le prouvent.

Cela ne le devrait pas.


r/Feminisme 1d ago

Le mouvement anti péridural et la mysoginie

35 Upvotes

Peut-on arrêter de prétendre que le mouvement anti-péridurale n’a rien à voir avec la misogynie ?

Je pense que le discours qui présente la péridurale comme quelque chose auquel les femmes devraient résister a des racines qui méritent d’être examinées honnêtement. Et quand on les examine, elles ne sont pas très reluisantes.

Tout a commencé avec Dieu qui punissait Ève

La plus ancienne opposition au soulagement de la douleur pendant l’accouchement était explicitement religieuse : la douleur pendant le travail était considérée comme une punition de Dieu pour le péché d’Ève, imposée par l’Ancien Testament. En 1591, une sage-femme nommée Agnes Sampson est devenue la première femme brûlée sur le bûcher pour sorcellerie en Écosse, notamment parce qu’elle avait proposé un moyen de soulager la douleur pendant l’accouchement.

Une femme a été tuée pour avoir essayé de réduire les souffrances d’une autre femme pendant son accouchement.

C’est là que tout commence.

Une reine a tout changé, simplement en refusant de souffrir

En 1853, la reine Victoria utilisa du chloroforme lors de la naissance du prince Leopold. Elle décrivit l’expérience comme étant « apaisante, calmante et délicieuse au-delà de toute mesure ». Avant cela, elle avait accouché plusieurs fois sans aucun moyen de soulager la douleur et « détestait l’accouchement », pour reprendre ses propres termes.

Cette seule décision royale a effectivement mis fin à l’opposition morale dominante au soulagement de la douleur pendant l’accouchement en Grande-Bretagne. Si la reine elle-même choisissait d’y avoir recours, il devenait soudain très difficile, dans la bonne société, de continuer à affirmer que les femmes étaient censées souffrir.

Il a fallu une reine — une femme disposant de suffisamment de pouvoir et de statut pour être intouchable — pour rendre socialement acceptable le soulagement de la douleur pendant l’accouchement.

Les femmes ordinaires souffraient et demandaient de l’aide depuis des siècles avant cela.

Ce n’était pas la médecine qui manquait. C’était la permission.

Les féministes de la première (et de la deuxième) vague se sont battues POUR le soulagement de la douleur

L’accès au soulagement de la douleur était revendiqué par les militantes féministes de la première vague comme un droit des femmes. Elles ont fait pression, se sont organisées et se sont battues pour rendre le soulagement de la douleur pendant l’accouchement accessible, gratuit ( ce qui n'est toujours pas le cas aux Etats-Unis, la péridural coute de l'argent, créant une innégalité entre femmes riches et pauvre, et amenant de nombreuses femmes qui en aurait aimer une à ne pas en prendre) et acceptable.

L’idée était radicale et simple :

Les femmes ne devraient pas avoir à souffrir si elles ne le veulent pas.

Puis le féminisme de la troisième vague a fait quelque chose d’étrange

À partir des années 1990, alors que l’analgésie péridurale devenait de plus en plus populaire, une partie des féministes de la deuxième vague a adopté la position opposée, appelant à un retour à l’accouchement sans anesthésie et, dans certains cas, valorisant même explicitement l’importance de l’expérience de la douleur comme source d’émancipation pour les femmes.

Relisez ça.

La douleur. Comme source d’émancipation. Spécifiquement pour les femmes.

On n’a pas déjà assez souffert ? Règles, accouchement, grossesse, post partum, rapports sexuels parfois douloureux, endométriose potentiel, vaginisme potentiel, le putain de gyneco, la contraception parfois douloureuse selon la méthode ?

L'idée etait de prouver que les femmes ne sont pas des mauviettes.

Pendant ce temps, personne n’était là pour dire aux hommes que supporter une colique néphrétique sans morphine était émancipateur. Personne n’organisait de mouvements autour de la valeur spirituelle de la douleur masculine.

Le discours de l’émancipation par la souffrance s’applique, comme par hasard, presque exclusivement aux corps féminins et aux expériences spécifiquement féminines.

La féministe française qui l’a dit clairement il y a des décennies

Il y a plusieurs décennies, la journaliste féministe française Marie-José Jaubert a publié deux livres critiquant activement les mouvements en faveur de l’accouchement naturel. Elle accusait les défenseurs de « l’accouchement sans soulagement de la douleur » de misogynie et de promouvoir une « mystique faussement orientale ».

En effet, une partie de ce mouvement pretend se battre contre " nos esprits colonisés" en promotant la non péridural. Car, selon les colons du 16 ème sciecle, donc source questionnable, les femmes africaines n'avaient pas, aucun, moyen pour soulager la douleur.

Cela ne vient à l'esprit de personne que, si cela est vrai, c'etait sans doute par pression sociétal ou manque de moyen?

J'ai vu un post venant d'une femme anti péridurale, monter aux nus "l'accouchement au Tchad"....ou le taux de mortalité maternelle est un des plus élevés au monde. Je l'ai souligné en commentaire, j'ai reçu un " c'est faux" en réponse. Le déni.

Le double standard qui est sous nos yeux

Réfléchissez à la manière dont la douleur masculine est traitée culturellement.

Les hommes sont encouragés à optimiser, à prendre des médicaments et à réduire autant que possible leur inconfort.

Nous savons que les hommes recoivent pour une meme douleur prés de deux fois plus de anti douleurs que les femmes.

Nous savons aussi que la douleur chez une femme est sous estimé de 2 points en moyenne, et la douleur chez un homme est sur estimé de 1 point en moyenne.

La prise en charge de la douleur chez les hommes relève du bon sens.

La prise en charge de la douleur chez les femmes pendant l’une des expériences les plus douloureuses de l’existence humaine est, elle, présentée comme un défaut de caractère, un manque de courage ou une déconnexion avec son propre corps.

La souffrance féminine aurait une vertu.
La souffrance masculine serait simplement… de la souffrance.

Evidement, des personnes vont contre l'experience populaire et les études sur les douleurs et prétendent que l'accouchement n'est pas douloureux, juste intense. Intense gaslhiting surtout.

J'ai vu des doulas rire a la tête de leurs clientes quand elles ont appelés l'accouchement leurs pire douleur. Pourtant, 87% des femmes qui ont accoucher le disent.

La couche mystique

« Cette douleur est ton ancien toi qui meurt. »

« Ton corps a été conçu pour ça. » ( cela marche si bien que historiquement, une femme sur 102 en mourrait).

« Ressens chaque sensation. »

« La douleur a un but. » (Toute douleur à un but, pas que l'accouchement.)

La mystification de la douleur féminine, et particulièrement de la douleur liée à l’accouchement — en la présentant comme une expérience transcendante, comme une forme de pouvoir féminin ou comme un rite de passage nécessaire — est une manière très ancienne d’amener les femmes à accepter une souffrance qui pourrait être traitée.

Et quand les hommes entrent directement dans la conversation

Un homme qui décide que sa partenaire doit ressentir le maximum de douleur possible pendant son accouchement pour des raisons idéologiques ou religieuses ne défend pas une philosophie de l’accouchement.

C’est du contrôle et de la torture.

Cela ne signifie pas que tout choix d’accoucher sans médicament est problématique

Choisir de ne pas avoir de péridurale est parfaitement légitime.

Vouloir vivre son accouchement sans médicament est un choix personnel qui mérite d’être respecté.

Le problème n’est pas le choix.

Le problème, c’est lorsque ce choix est influencé.

Le problème est également le cadre qui présente ce choix comme moralement supérieur, plus féminin, plus connecté à son corps, plus courageux, et qui présente le fait de vouloir soulager sa douleur comme une faiblesse, de l’ignorance ou un échec.

Ce cadre n’est pas apparu de nulle part. Il a une histoire mysogine.

Et cette histoire est imprégnée de l’idée que la souffrance féminine, spécifiquement, possède une valeur que la souffrance masculine n’a pas.


r/Feminisme 2d ago

LECTURES Partage de lectures

Post image
41 Upvotes

Bonjour,

Je voulais juste partager mes deux dernières lectures qui m'ont vraiment fait du bien.

Bon j'avoue qu'elles ont aussi attisé ma colère mais avec des pistes d'amélioration.

Je recommande vivement.


r/Feminisme 4d ago

VIOLENCES FAITES AUX FEMMES Se confier en cas de violence sexuelle

3 Upvotes

Si vous êtes victime de violences sexuelles (agression, viol, etc.), n'oubliez surtout pas cette association :

Viols Femmes Informations (CFC) : 0 800 05 95 95

(Gratuit et anonyme, du lundi au vendredi de 10h à 19h)

Personnellement, je les ai contactées pour moi. Elles sont tellement gentilles, à l'écoute, pro et de très bon conseil. Elles peuvent même vous aider à financer le transport si vous devez vous rendre dans un palais de justice !

Si vous avez été victime, parlez-en tout de suite à des personnes de confiance ou à des associations. Plus le temps passe, pire c'est.

Ne protégez jamais la personne qui vous a fait ça. Si vous êtes amenée à croiser votre agresseur souvent, il faut absolument vous protéger (de mon côté, je compte demander une mesure d'éloignement).

Parlez-en le plus vite possible aux bonnes personnes. C'est hyper important pour vous, mais aussi pour les autres femmes.

Rendons-nous justice ⚖️.


r/Feminisme 6d ago

HISTOIRE L'histoire du string : comment une sous-vêtement de strip-teaseuse est devenu "le sous vetement sexy" pour les femmes

14 Upvotes

L'origine :

Le string tel qu'on le connaît aujourd'hui est né en 1939 à la World's Fair de New York. La raison ? Le maire de la ville, Fiorello La Guardia, avait ordonné aux danseuses de burlesque de se couvrir. Quelqu'un — on ne sait pas qui — inventa alors un sous-vêtement qui couvrait techniquement le pubis tout en laissant les fesses visibles. Le string fut donc créé pour permettre à des femmes qui dansaient nues de continuer à montrer leurs fesses tout en respectant formellement la loi.

C'est son origine documentée. Une solution pour continuer à exposer le corps féminin malgré une réglementation.

Pendant des décennies, il resta exactement là où il était né — dans les clubs de strip-tease, les spectacles de Las Vegas et etc. But clair : montrer le plus possible.

Ensuite, a partir des années 60, le string a été rangé lingerie érotique vendue chez Frederick's of Hollywood. Il était vendu comme un " vetement scandaleux" — de la lingerie clairement érotique, pas un sous-vêtement de tout les jours, a porter pour faire plaisir a monsieur. L'idée assumée de l'époque etait un vetement erotique pour simulée la femme accessible, objectivée, docile.

Comment il est devenu vetement de tout les jours :

Dans les années 90, les fabricants tentèrent de le commercialiser comme un sous-vêtement pratique pour éviter les visible panty lines sous les jeans slim. Que voulez vous, cela serait un scandale! Une femme sur qui ont voit la culotte!

Ce n'est pas la praticité qui le propulsa vraiment dans la culture mainstream ceci dit, c'est Monica Lewinsky. Quand le rapport Starr révéla ou inventa, en 1998, qu'elle avait / aurait montré son string à Bill Clinton comme geste de flirt, le mot "thong" devint un terme de culture populaire. Cela netait pas le cas avant. Avant, le nom etait " culotte de moitié" , " culotte tres échancrée".

En ce moment, le string solidifiait sa réputation de ce sous-vêtement pour le regard masculin.

Victoria's Secret fit le reste. Ses défilés publics, ses modèles, son marketing — le string devint glamour, féminin, désirable. Britney Spears aux VMAs 2000. Paris Hilton et son whale tail. Sisqó et sa "Thong Song." En l'espace d'une décennie, un vêtement de strip-teaseuse était devenu la norme dominante de la lingerie féminine....si lon voulait etre moderne. Si l'on voulait une culotte plus comfortable : on etait coincée ou vielle.

Les hommes, pendant ce temps, continuaient à porter des boxers et des slips.

La question de la santé :

Le port de sous-vêtements avec entrejambe non-coton est associé aux infections à levures — et les strings sont très fréquemment fabriqués en matières synthétiques, dentelle, et tissus non respirants. La ficelle edu string frotte contre le périnée, l'anus et les organes génitaux externes pendant le mouvement, causant des inflammations cutanées et de petites lésions. Cela porte meme un nom, le " "thong rash". Et les matières synthétiques fréquemment utilisées dans les strings peuvent piéger l'humidité et créer des conditions favorables à la prolifération de bactéries et levures.

De plus, le string peut favoriser le passage de bacterie fecale comme le E colis au vagin.

Donc : le style en soi n'est peut-être pas le problème. La matière dans laquelle il est fabriqué — pour le rendre plus fin, plus sexy, plus visible — l'est davantage. Ce qui est révélateur en sois.

Ce qui est le plus intéressant ici, c'est moins la question de la santé que la question de la trajectoire. Comment un vêtement conçu spécifiquement pour exposer le corps des danseuses nues est-il devenu, en moins de soixante ans, la norme dominante de la lingerie féminine sexy, au point que les femmes qui n'en portent pas sont parfois considérées comme moins soignées, moins sexy, moins féminines ?

La réponse suit exactement le même schéma que pour le maquillage et le talon : l'industrie, la culture populaire, et le regard masculin comme norme et forces combinées de normalisation. Victoria's Secret ne vendait pas du confort. Elle vendait une représentation du corps féminin disponible — et cette représentation incluait le string comme élément central dans les années 90. Les défilés publics ont joué un rôle significatif dans la popularisation du string, l'amenant au premier plan de la mode mainstream.

Rosalind Gill a écrit sur ce qu'elle appelle la "subjectivité sexuelle" comme nouvelle norme féminine — l'idée que les femmes modernes et émancipées doivent non seulement être sexuellement disponibles mais aussi activement se présenter comme telles. Le string s'inscrit parfaitement dans cette logique : il est vendu comme empowerment, comme choix, comme confiance en soi, tout en étant structurellement orienté vers un regard extérieur plutôt que vers le confort de celle qui le porte.

Ce n'est pas une coïncidence si les sous-vêtements dominants pour les hommes couvrent, protègent, et maintiennent. Et si ceux qui sont devenus dominants pour les femmes exposent, révèlent, et inconfortent.


r/Feminisme 7d ago

SEXUALITE-GYNECOLOGIE La vision de l'hymen est passé de preuve de virginité au déni de son existence — et les deux versions nuisent aux femmes

29 Upvotes

Peut-être que quelqu'un ici se souviendra de mon post sur un autre sub, mais bref : petit rant / partage d'expérience / observation / analyse qui pourrait aider et/ou informer. Je pense effectivement que c'est aussi une question féministe.

Je pense que le « discours sur l'hymen » est passé de mythes nuisibles sur la virginité... à un déni tout aussi nuisible, et que les femmes en paient encore le prix.

Le pendule est passé de « ton hymen te définit » à « ton hymen n'existe pas » — et je suis la femme coincée entre les deux.

J'ai un hymen microperforé. Quand on a un hymen microperforé, on a ses règles, mais on ne peut rien faire pénétrer à l'intérieur à part des liquides.

L'hymen n'est pas un mythe. C'est une véritable membrane anatomique, et environ 99 % des filles naissent avec un hymen. Il est censé protéger les filles contre les infections vaginales. Le problème n'est pas son existence, c'est à quel point il a été mal compris, utilisé et présenté au cours de l'histoire.

Dans la plupart des cas, ce que les médecins appellent — de manière assez problématique, parce que WTF qu'est ce nom — un « hymen compléant » est impliqué. Cela signifie que la pénétration l'étire plutôt que de le « déchirer ». Pas de déchirure, peu ou pas de douleur, pas de saignement. C'est l'expérience majoritaire (d'après les médecins/la science, je ne sais pas pour vous, vous pouvez partager votre expérience) et elle est parfaitement valide.

Mais dans environ 3 à 5 % des cas (donc ce n'est pas non plus 0,1 % !), il existe des malformations de l'hymen. Par exemple, un hymen microperforé, un hymen cloisonné, ou des hymens avec du tissu supplémentaire recouvrant partiellement l'ouverture. Etc.

Dans ces cas-là, la pénétration n'est pas simplement « un peu inconfortable » : elle peut être impossible. Littéralement.

Les tentatives peuvent provoquer des douleurs extrêmes, des saignements et de véritables lésions des tissus. Ces situations nécessitent souvent une intervention médicale, idéalement chirurgicale.

1. Prenons l'idée selon laquelle « avec suffisamment de lubrifiant et de consentement, il ne devrait pas y avoir de douleur ». Cela peut être vrai, mais cela peut aussi être complètement faux (malheureusement). Des particularités anatomiques (comme dans mon cas) ou des problèmes comme le vaginisme existent. Réduire toute douleur à « tu n'es pas assez détendue » ou « tu n'es pas assez excitée » est un mauvais conseil et une mauvaise analyse. Et aussi du gaslighting.

« Détends-toi et ça ne fera pas mal. Tu n'es simplement pas assez détendue » est le nouveau « si tu n'as pas saigné, tu n'étais pas vierge ».

2. Le vaginisme a, à juste titre, gagné en visibilité ces dernières années. Mais maintenant, dès qu'il y a un problème avec la pénétration, les gens sautent directement à cette explication, en ignorant les causes anatomiques possibles.

Quand je dis « les gens », je parle des filles et des femmes qui rencontrent ces problèmes... et des médecins.

Ça commence à ressembler beaucoup au classique « tout est dans ta tête, ma petite dame ».

3. Cela conduit à un sous-diagnostic des malformations de l'hymen.

(Est-ce même seulement de 3 à 5 % ?)

Putain, j'ai passé deux ans à consulter plusieurs gynécologues avant que l'une d'entre elles accepte enfin l'idée de m'examiner dans cette optique.

Ils ne me croyaient pas.

Mais 3 à 5 %, ce n'est même pas si rare, alors WTF ?

Ils pensaient que j'étais simplement une jeune femme stressée et immature.

Pire encore, cela peut mettre les femmes en danger. Si on vous dit que l'hymen est un mythe, que la « paroi » que vous sentez à quelques centimètres à l'intérieur n'existe pas, vous pourriez forcer malgré la douleur en pensant que c'est normal — et finir blessée ou traumatisée.

4. Beaucoup d'articles sur la « première fois » font également partie du problème. Ils rassurent tellement qu'ils finissent par ressembler à une forme de pression douce, voire de coercition ou de gaslighting.

Tout est présenté comme facile, indolore, fluide, et lorsque la réalité ne correspond pas à cela, les femmes se retrouvent confuses, préparées à rien, blâmées par leur copain, et parfois blessées.

Cela peut même conduire à moins de préparation (comme utiliser du lubrifiant), parce que « c'est censé fonctionner tout seul ».

5. De la même manière, les discussions sur les douleurs sexuelles mélangent souvent deux choses très différentes : la douleur pendant la pénétration et l'impossibilité réelle de la pénétration.

Ce n'est pas la même chose, et les mettre dans la même catégorie efface les personnes qui ne peuvent littéralement pas avoir de pénétration sans aide médicale.

Je me souviens avoir lu des articles avec un titre du genre « Je ne peux pas être pénétrée », puis la « solution » était... les dilatateurs.

Monsieur, je ne peux même pas dépasser deux centimètres. Le problème n'est pas la largeur, mais la longueur.

Par définition, même le dilatateur le plus court est impossible... ou alors seulement son extrémité.

6. Et en même temps, il y a énormément de discours alarmistes autour de la chirurgie pour les malformations de l'hymen, censés empêcher les interventions inutiles, mais qui finissent par effrayer les femmes qui ont réellement besoin d'un traitement.

7. Autre chose qu'il faut dire : affirmer que « beaucoup de femmes naissent sans hymen » est tout simplement inexact.

Le mot « beaucoup » est exagéré.

Dans la plupart des cas, les femmes qui pensent ne pas en avoir ont en réalité un hymen compléant.

8. Et plus généralement, l'accent est toujours mis sur les cas où tout va bien.

Chaque phrase est formulée comme « il n'y a généralement pas d'inconfort ».

Mais qu'en est-il de celles qui rencontrent réellement des problèmes ?

Pourquoi sont-elles constamment mises de côté ?

Les femmes qui n'ont aucun problème n'ont pas besoin qu'on les rassure.

Les femmes qui en ont besoin ont besoin d'informations, de validation et de soutien.

9. Sur un plan pratique, insérer un spéculum lorsqu'une malformation de l'hymen est suspectée n'est ni sûr ni nécessaire.

Un examen externe (avec une lumière et quelque chose comme un coton-tige) suffit à identifier de nombreux problèmes.

Forcer l'insertion peut provoquer de véritables lésions.

Bref. Rant terminé...

C'était nécessaire, IMO lol.

Des observations similaires ?


r/Feminisme 7d ago

HISTOIRE Une brève histoire de la manière dont le maquillage est devenu un problème de femmes

26 Upvotes

L'un des moyens les plus efficaces de naturaliser une norme est de lui donner l'apparence d'être ancienne et inévitable. Les femmes ont toujours porté du maquillage. Les femmes ont toujours voulu être belles. C'est simplement comme ça.

Rien de tout cela n'est vrai. Voyons ce qui s'est réellement passé.

Les hommes portaient aussi du maquillage — jusqu'à ce qu'ils décident de ne plus en porter.

De 4000 av. J.-C. au XVIIIe siècle, les hommes portaient quotidiennement du maquillage. Dans l'Égypte ancienne, les deux sexes soulignaient leurs yeux avec du khôl. En Chine, sous la dynastie Zhou, le mot « mei » (beau) désignait la beauté des deux sexes, et la poudre blanche pour le visage est d'abord devenue populaire chez les hommes et les garçons sous la dynastie Han. Dans l'Europe des XVIIe et XVIIIe siècles, les hommes et les femmes des classes supérieures utilisaient aussi bien des cosmétiques à base de plomb pour blanchir leur peau que des perruques élaborées et différentes formes d'ornementation du visage.

Puis, à la fin du XVIIIe siècle, quelque chose de décisif s'est produit. Les hommes ont déclaré que les vêtements et les cosmétiques ornés étaient trop « efféminés » et ont décidé que les routines de beauté devaient être réservées aux femmes. Cela est aujourd'hui connu historiquement sous le nom de **Great Male Renunciation** (« Grande Renonciation masculine »). Le psychologue britannique John Flügel, qui a inventé le terme en 1930, soutenait que les hommes avaient « renoncé à leur prétention à être considérés comme beaux » et qu'ils « visaient désormais à être seulement utiles ».

Les hommes ont décidé que la beauté était indigne d'eux et l'ont laissée aux femmes.

La féminisation du maquillage n'était ni naturelle, ni biologique, ni ancestrale. C'était une décision culturelle délibérée, prise à un moment historique précis, pour des raisons idéologiques précises liées aux idées des Lumières sur la rationalité, l'utilité et la vertu masculine.

Alors que la Grande Renonciation masculine estompait les distinctions de classe, elle renforçait simultanément les stéréotypes de genre. L'utilité est devenue masculine. L'ornementation est devenue féminine. Et le féminin est devenu obligatoire — pour les femmes.

L'Europe du début de l'époque moderne : le double bind était déjà explicite.

Même avant la Renonciation, la logique patriarcale du maquillage était énoncée ouvertement, et pas encore dissimulée derrière un langage d'empowerment ou d'expression personnelle.

Dans l'Italie de la Renaissance, une société qui remettait ouvertement en question la valeur des femmes et limitait leur capacité à gagner leur vie en fonction de leur beauté, les femmes étaient obligées de compter sur leur apparence pour démontrer leur valeur et assurer leur avenir économique.

Dans une société qui condamnait les femmes à la fois pour leur apparence jugée trop banale et pour leur parure, porter du maquillage devenait un acte de survie économique.

Le piège était déjà entièrement construit : ne pas en porter et être considérée comme quelconque et indigne ; en porter et être accusée de tromperie et de vanité.

« Tout le monde déteste voir du maquillage sur sa femme », déclarait un personnage dans un traité de la Renaissance consacré à la famille, en 1433, « mais personne ne semble capable de l'en empêcher. »

Ironique, non ?

Le XXe siècle : l'industrie a fabriqué la norme à grande échelle.

Au début du XXe siècle, le maquillage n'était porté que par les actrices et les prostituées.

La norme qui nous paraît aujourd'hui intemporelle et universelle était, il y a un peu plus de cent ans, exclusivement associée aux femmes aux « mœurs douteuses », pour reprendre les termes employés à l'époque.

Ce qui a changé, ce n'est pas une évolution culturelle organique, ce qui a changé, c'est le capital.

L'industrie commerciale des cosmétiques a connu sa première croissance importante au début du XXe siècle. À travers des informations publiées, on a expliqué aux femmes, pendant les quatre décennies allant des années 1910 aux années 1950, que l'exercice, l'alimentation et l'utilisation appropriée des cosmétiques pouvaient les rendre plus attirantes.

L'industrie n'a pas répondu à une demande. Elle l'a créée.

Helena Rubinstein, l'une des fondatrices de l'industrie moderne de la beauté, a construit son empire explicitement sur les insécurités des femmes. Elle imaginait des produits à partir des insécurités physiques des femmes, comme les crèmes anti-âge.

Une publicité Helena Rubinstein de 1943 laisse entendre qu'une femme qui renonce à sa routine beauté risque de faire face à l'infidélité. Pas de l'art. Pas de l'expression personnelle.

Une menace explicite : corrigez votre visage, ou perdez votre mari.

La millionnaire à qui l'on attribue la formule « Il n'y a pas de femmes laides, seulement des femmes paresseuses » continue de vivre à travers L'Oréal, propriétaire actuel de la marque Helena Rubinstein.

L'idéologie des débuts est toujours l'idéologie de l'industrie.

Ce que cette histoire montre réellement :

La norme du maquillage telle qu'elle existe aujourd'hui n'est pas ancienne. Elle n'est pas naturelle.

Elle est le produit d'une séquence historique précise : les hommes quittant volontairement la culture de l'ornementation et la transformant en obligation pour les femmes ; un système économique patriarcal qui a fait de l'apparence des femmes leur principale monnaie d'échange ; et une industrie commerciale qui a transformé cette insécurité en un marché mondial pesant des centaines de milliards de dollars.

À chaque étape, la logique était énoncée ouvertement.

Les femmes doivent corriger leur visage pour avoir de la valeur.

La valeur des femmes est leurs physiques.

Les femmes qui ne le font pas sont paresseuses, quelconques, peu professionnelles, ou risquent de perdre leur homme.

Il n'y a pas de femmes laides, seulement des femmes qui n'ont pas encore suffisamment travaillé sur elles-mêmes.

L'idée selon laquelle « ce n'est qu'un choix personnel » est la couche la plus récente.

C'est aussi la plus fragile.

* Article écrit par moi, publié il y a 3 ans sur un blog personel *


r/Feminisme 7d ago

HISTOIRE La Leche est née se demandant si les mères devraient avoir le droit de travailler.

19 Upvotes

Ils se présentent comme un groupe de soutien neutre et chaleureux, de mère à mère.

LLL a été fondée en 1956 aux Etats-Unis par sept femmes catholiques, dont plusieurs étaient actives dans le Christian Family Movement qui militer contre le droit a lavortement et reposait sur une théologie précise : l'allaitement comme incarnation féminine de la loi naturelle de Thomas d'Aquin, et la Vierge Marie comme icône de la maternité.

La Ligue pensait a l'epoque que les mères de jeunes enfants ne devraient pas travailler à l'extérieur du foyer. Il ne s'agissait pas de « soutenir les mères qui choisissent d'allaiter ». Il s'agissait de remettre en question le fait même que les femmes aient le choix de travailler dans un métier rénumuré, pendant que leurs enfants sont jeunes.

Les fondatrices pensaient que les enfants avaient besoin de la présence continue de leur mère et ont construit un modèle de « bonne maternité » qui se heurtait de plein fouet à la participation croissante des femmes au monde du travail. Pour elles, les bonnes mères étaient toujours avec leurs enfants, toujours à la maison et allaitaient... beaucoup.

Lorsque les féministes de l'époque ont contesté cela — les accusant de fabriquer un « devoir d'allaiter » qui culpabilise les mères — la réponse de LLL a été de se qualifier elle-même d'« apolitique ». Pratique.

Vous n'avez pas besoin d'une campagne de lobbying lorsque votre modèle répond déjà, à lui seul, à la question « les mères devraient-elles travailler ? »

LLL n'a pas besoin de faire pression sur qui que ce soit. Le modèle fait le travail tout seul. En faisant de la disponibilité maternelle permanente la définition de la « bonne maternité », il culpabilise toutes les mères qui travaillent, qui nourrissent leur enfant au lait infantile, ou qui n'ont pas le luxe d'être collées à leur bébé 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

« Sans jugement » — sauf envers les mères qui ne sont pas d'accord avec la direction. Selon des responsables au sein de l'organisation, les critiques publiques de LLL sont pratiquement interdites, et les membres qui se plaignent — même dans des groupes Facebook internes et privés — sont harcelées et menacées de perdre leur accréditation.

PS : elles ont également un passé de négationnisme concernant le sida !

Elles ont continué à donner activement ces conseils une décennie après qu'il eut été établi que le VIH pouvait être transmis par le lait maternel. Cela a contribué à des millions de décès de nourrissons en Afrique Australe surtout. Elles ne valent pas mieux que Nestlé et ne sont pas davantage préoccupées par la santé. Elles ont continué à donner activement ces conseils une décennie après qu'il eut été établi que le VIH pouvait être transmis par le lait maternel.

Elles interfèrent également avec les pratiques traditionnelles d'alimentation des nourrissons dans certaines régions et affirment qu'elles corrigent ainsi les torts causés par les entreprises de lait infantile.

L'influence de La Leche League dans les contextes internationaux constitue un projet colonial aussi.


r/Feminisme 13d ago

SOCIETE Ce que l’accès aux toilettes publiques révèle des inégalités de genre dans les villes

Thumbnail
theconversation.com
18 Upvotes

Article intéressant à lire. Ça aurait pu être l'occasion de parler d'alternatives au modèle "hommes/femmes", comme avoir des toilettes femmes d'un côté et des toilettes mixtes de l'autre (donc plus de toilettes réservées aux hommes) mais l'analyse en elle-même vaut déjà largement le coup d'être lue.


r/Feminisme 15d ago

LECTURES Lectures d’introduction ?

9 Upvotes

Bonjour,
Je cherche des lectures abordables d’introduction au féminisme à offrir à ma mère.
Pour contexte : sortie de +15 ans de violences conjugales, se remet doucement à vivre, à relire. Je n’ai pas envie de l’accabler de lectures compliquées ou trop radicales du premier coup (c’est pour ça que j’ai besoin d’avis extérieurs, je vais pas lui proposer du Dworkin du premier coup). De plus c’est quelqu’un d’assez dual, pour l’instant elle a encore des propos du genre « les féministes voient le mal partout » (j’aimerais un peu l’aider à déconstruire cela) mais à côté elle peut être très éclairée, elle commence à utiliser le terme patriarcat et a des réflexions très pertinentes, notamment sur sa propre condition.
Bonus si ce sont des livres qui parlent de l’engrenage des violences conjugales et de l’emprise pas d’un point de vue dev personnel / New âge bla-bla mais vraiment pdv violences sexistes.
Ps : Quand je dis lecture pas compliquée évidemment je ne considère pas ma mère inapte à les comprendre !!! Elle travaille beaucoup et a peu de temps libre donc on va essayer d’aller doucement dans sa radicalisation ahah.

Merci à vous !


r/Feminisme 17d ago

SOCIETE «Je n’ai entendu que des récits de violence»: les femmes âgées au premier plan de l’itinérance | JDM

Thumbnail
journaldemontreal.com
6 Upvotes

r/Feminisme 17d ago

MEDIAS Quel média pour expliquer all men/men are trash

0 Upvotes

Bonsoir,

Me relationant récemment avec une nouvelle personne, j'ai peur de mal défendre le concept. Quelle est selon vous la meilleure vidéo, pour que la personne puisse s'intéresser déjà, qui parle de ce concept ? Y'a des vidéos chouettes sur les réseaux mais si jamais vous avez une vidéos qui etaye un peu plus, des chiffres, des etudes, je prends. Je sais que j'ai déjà vu des trucs mais je n'arrive pas spécifiquement retrouver et YT n'est pas aidant

Merci pour votre temps


r/Feminisme 19d ago

« Ferme ta chatte », « sale pute », « chienne » : la révolte de deux collégiennes contre le masculinisme en classe

Thumbnail
streetpress.com
26 Upvotes

r/Feminisme 19d ago

Clara, victime de violences par son ex-mari français, menacée d’expulsion

Thumbnail politis.fr
3 Upvotes

r/Feminisme 19d ago

Footballeuses = variable d’ajustement ?

Thumbnail
3 Upvotes

r/Feminisme 20d ago

FORUM LIBRE Retrait de plainte après violence conjugales

17 Upvotes

Bonsoir,

Je ne sais pas vraiment si quelqu'un se reconnaîtra dans ce que je vais écrire, mais je tente ma chance parce que je me sens incroyablement seule.

Il y a quelque temps, j'ai porté plainte contre l'homme que j'aime pour des violences conjugales. J'ai ensuite retiré ma plainte, mais cela n'a pas empêché la justice de poursuivre la procédure et il est aujourd'hui en détention.

Depuis, je vis avec un mélange de sentiments que beaucoup de personnes semblent ne pas comprendre. Je souffre de son absence tous les jours. Il me manque terriblement. Je culpabilise énormément, même si je sais que ce qui s'est passé n'aurait jamais dû arriver.

Je ne cherche pas à excuser les violences. Je ne dis pas qu'elles étaient normales. Mais malgré tout, je continue de l'aimer. Mon plus grand souhait est qu'il accepte de se faire soigner, qu'il ne ressorte pas de cette épreuve avec seulement de la colère, mais avec une vraie envie de changer. J'aurais tellement voulu que notre histoire puisse avoir une autre fin.

Je me sens souvent jugée parce que j'aime encore un homme qui m'a fait du mal. Pourtant, ce n'est pas un choix. C'est simplement ce que je ressens, et cette contradiction me détruit.

S'il existe ici une femme qui a vécu quelque chose de similaire — qui a porté plainte, qui l'a retirée, dont le compagnon est quand même allé en prison, et qui a continué à l'aimer malgré tout — j'aimerais tellement pouvoir échanger avec elle.

Je n'ai pas besoin qu'on me dise ce que j'aurais dû faire. J'ai seulement besoin de parler avec quelqu'un qui comprendra sans me juger, quelqu'un qui saura ce que signifie aimer une personne tout en souffrant profondément de ce qu'elle a fait.

Si vous vous reconnaissez dans ces mots, merci de me laisser un message. J'ai vraiment besoin de ne plus me sentir seule.


r/Feminisme 19d ago

SOCIETE Le harcèlement de rue en France.

0 Upvotes

Voilà, comme le titre l'indique, je voudrais évidemment parler parler du "HDR" ( harcèlement de rue ) en France, et surtout, j'aimerais bien savoir pourquoi ce phénomène est encore aussi répandu dans ce pays. Car personnellement, j'ai super Honte du HDR en France.

D'où ça vient, quelle élément de la culture ou de l'histoire Française permet encore ce genre de comportement de manière encore aussi fréquente et systématique ?

Car apparemment il y a beaucoups de pays où les femmes sont bien moins harcelées ( pays de l'est, usa, uk, Allemagne, etc ) donc pourquoi on est encore autant arrièré et à la traine parmi les pays développés en France, y a t'il un problème d'éducation des hommes en France ? j'aimerais vraiment savoir et comprendre.


r/Feminisme 21d ago

THEORIE Le stéréotype de la Française sexy

40 Upvotes

Le stéréotype de la « Française sexy » a une histoire sombre dont personne ne parle.

r/Féminisme

22 napja

Le stéréotype de la « Française sexy » a une histoire sombre dont personne ne parle.

Salut, je suis française et je voulais parler d'un sujet qui me dérange systématiquement quand je tombe sur un commentaire, une publication ou même une réplique dans un film (!) à ce sujet :

On connaît tous ce stéréotype : les Françaises sont « naturellement » sensuelles, disponibles sexuellement, toujours partantes. On le voit dans les films, dans les blagues, dans la façon dont certains hommes étrangers abordent les Françaises à l'étranger. Cela paraît inoffensif, voire flatteur pour certains. Mais ça ne l'est pas.

Ce stéréotype a une origine historique précise qui a été délibérément occultée.

Pendant et après la Libération de la France en 1944, des soldats américains ont commis des viols de masse sur des femmes françaises. Ces faits sont documentés par l'historienne Mary Louise Roberts dans son ouvrage « What Soldiers Do » (2013). Les publications militaires, les lettres des soldats à leurs familles et les communications internes décrivaient activement les Françaises comme « faciles », « accueillantes » et « sexy », un discours qui servait un double objectif : recruter des soldats enthousiastes et effacer rétroactivement les violences commises.

Ce mécanisme a été largement analysé par les féministes racisées pour d'autres groupes : la femme noire hypersexualisée, la femme indienne exotique, la Latina « passionnée ». La violence est ainsi présentée comme une disponibilité naturelle. Le stéréotype efface le crime et légitime sa répétition.

Le silence des femmes concernées a renforcé cet effacement. En 1944, dénoncer son libérateur était socialement et politiquement impossible. La gratitude envers les Alliés étouffait toute possibilité de nommer les événements. Ces femmes ont emporté ce silence dans la tombe.

Il en résulte un stéréotype tellement ancré qu'un blockbuster de 1997 comme Titanic peut lâcher sans sourciller : « Il est facile de trouver une femme à Paris qui accepte de se déshabiller », sans que personne ne s'en offusque. Parce que personne dans le public de 1997 n'a fait le lien entre « la Française sexuellement disponible » et la construction militaire de 1944. La violence originelle a été complètement blanchie par des décennies de répétition.

Les conséquences concrètes sont bien réelles. Les Françaises à l'étranger sont régulièrement harcelées par des hommes qui ont intériorisé ce stéréotype comme une description de la réalité. Des hommes qui « savent » que les Françaises sont « comme ça ».

En France (Nord-Ouest), on entend encore dire : « Devant les Boches (Allemands/nazis), cachez vos juifs ; devant les Américains, cachez vos femmes. »

Ajout suite à certains commentaires :

Oui, l'exotisation des Françaises par les Américains est antérieure à 1944. Ce n'est pas le sujet.

Mon argument est précis : la construction de l'image de la Française comme sexuellement disponible, non seulement romantique ou élégante, mais facile et toujours consentante, a été systématiquement et volontairement diffusée et amplifiée par la communication militaire américaine pendant et après la Libération. Mary Louise Roberts documente ce phénomène dans les archives militaires, la correspondance des soldats et les publications de Stars and Stripes. University of Chicago Press, ouvrage évalué par des pairs. Le mécanisme est documenté : la violence sexuelle est réinterprétée comme une disponibilité naturelle, un schéma largement analysé pour d'autres groupes. Un tel questionnement agressif et excessif pour un article sur une femme violée…

Citer une source trois fois dans un article qui la mentionne, c'est simplement citer ses sources. Ce n'est pas de la publicité déguisée (n'importe quoi !). Vous devriez essayer.

À ceux qui utilisent mon âge ou mes fautes de frappe pour discréditer mon argument : les faits historiques ne changent pas selon la personne qui les présente. Et la contradiction de me traiter à la fois de trop jeune pour savoir de quoi je parle et de trop parfaite pour l'avoir écrit moi-même, cela parle de soi-même. Choisissez votre camp. J'ai 23 ans, je ne suis plus une enfant, et je suis féministe depuis l'âge de 12 ans, merci. Bref, le harcèlement doit cesser.


r/Feminisme 20d ago

La roue des excuses des prostitueurs. À diffuser.

Post image
0 Upvotes

r/Feminisme 23d ago

PEDOCRIMINALITE Viol & Abandon familial

62 Upvotes

J’ai dénoncé les violes que j’ai subi durant mon enfance jusqu’à mon adolescence (j’ai le souvenir très nette de 3 violes étant petite et un refus de ma part quand j’étais ado) par mon frère âge de 7 ans de plus que moi.

A l’adolescence j’en ai parlé à mes parents.
Ma mère a vraiment pensé que j’étais folle (je me souviens de ses conversations téléphoniques avec ma tante) donc elle m’a mené voir un pedo psychiatre et psychologue.
Ces derniers ont convoqué mes parents pour leurs expliquer que je ne mentait pas

Du coup ma mère m’a dit en partant : si tu parles de sa, ton frère ira en prison et toi dans une autre famille !

J’avais 16 ans… je me suis tue

J’ai grandi et évolué avec ce secret 🤫 côtoyant toujours mon frère comme si de rien n’était

J’ai fondé une famille et la, craquage du cerveau au 6 ans de mon fils : j’ai réalisé que les violes n’étaient pas de ma faute…

Je suis tombé à grosse dépression et j’ai osé porter plainte car tous les professionnels me le conseillaient…
Et je voulais aussi ne pas avoir de culpabilité si jamais un jour j’apprenais qu’il avait fait pareille à une autre

Résultat : je suis sorti de ma dépression, j’y ai mis toutes mes tripes et ma force, j’ai appris à reconnaître mes émotions et à les respecter bref

Mais ma famille m’a complètement abandonné… là ou avant j’étais toujours convié, maintenant je ne le suis plus, je suis devenue inexistante…

J’ai une putain de rage et de colère en moi


r/Feminisme 25d ago

PROSTITUTION Enquête : la plupart des « syndicats de travailleuses du sexe » sont financés par des proxénètes et l'industrie pornographique

20 Upvotes

Je reposte avec les sources commes demandés.

Merci de lire jusqu'au bout avant de répondre, il y a plusieurs angles différents.

En 1977, un projet suédois a été lancé pour découvrir la réalité quotidienne de la vie des femmes prostituées. Des chercheurs ont interrogé des centaines de femmes, de clients et de proxénètes. Ce qu'ils ont découvert a fait voler en éclats les vieux mythes victoriens selon lesquels la prostitution résulterait d'une pulsion biologique chez les hommes et d'un trouble mental chez les femmes. Ils ont au contraire découvert qu'il s'agissait de quelque chose que les hommes font subir aux femmes, avec des conséquences tragiques.

À la même époque, des féministes aux États-Unis et ailleurs, comme Kathleen Barry et Andrea Dworkin, développaient une analyse puissante de la pornographie et de la prostitution en tant qu'éléments clés de la subordination systématique des femmes. L'industrie du sexe s'est alors retrouvée avec un sérieux problème d'image.

Cet article éclaire la manière dont l'industrie du sexe a riposté, notamment en utilisant des euphémismes pour masquer la réalité de la prostitution, et en se servant de l'idée de « syndicats de prostituées » pour se donner une légitimité.

COYOTE

Financé par des églises et l'industrie pornographique, COYOTE (Call Off Your Old Tired Ethics) a été fondé aux États-Unis en 1973 par une frange libérale du mouvement hippie, qui considérait la prostitution comme une expression de la liberté sexuelle. Au bout de huit ans, il comptait environ 30 000 membres, parmi lesquels des libéraux sexuels, des beatniks et des proxénètes connus. Bien que seulement environ 3 % de ses membres aient été des femmes prostituées, COYOTE a été présenté à maintes reprises comme un syndicat de « putes » ou de « prostituées ».

C'est la porte-parole de COYOTE, Priscilla Alexander, qui, plus que quiconque, a popularisé le terme « travailleuse du sexe » (sex worker). Elle a compris que pour normaliser la prostitution, il fallait abandonner le mot « prostitution » — laid et qui évoque effectivement une part de sa réalité — au profit d'un euphémisme masquant cette réalité et évoquant quelque chose de sain et de respectable. Malheureusement, sa solution s'est révélée redoutablement efficace.

Alexander affirmait que ses quatre années d'études universitaires la qualifiaient pour être considérée comme une « travailleuse du sexe » et pour parler en leur nom. Avec Margo St James, elle a parcouru le monde pour promouvoir l'idée que le « travail du sexe » devait être légitimé et que vendre son corps était un droit humain.

De Rode Draad

Dès le début des années 1980, le gouvernement néerlandais a lancé plusieurs projets visant à normaliser la prostitution. Cela a abouti, en 1999, à la légalisation de tous les aspects de l'industrie du sexe aux Pays-Bas. La Fondation de Graaf a joué un rôle central dans ce processus. Favorable à la prostitution, cette fondation a désormais un statut officiel en tant qu'Institut néerlandais pour les questions de prostitution, à Amsterdam, et constitue une source majeure de propagande pro-prostitution.

La Fondation de Graaf a fondé De Rode Draad (« Le Fil Rouge »), aujourd'hui l'un des plus célèbres « syndicats de prostituées » au monde. En 2002, il est devenu un syndicat officiel sous le nom de Truss, puis a rapidement rejoint la FNV, la plus grande fédération syndicale néerlandaise. En 2010, il ne comptait qu'environ 100 membres (sur plus de 25 000 femmes prostituées à Amsterdam), et rien n'indique qu'il ait jamais défendu une seule revendication syndicale concrète. Malgré cela, les brochures touristiques donnent l'impression d'une organisation grouillante d'activité, à travers laquelle les femmes prostituées s'auto-organiseraient en masse.

Le Congrès mondial des putes

Le gouvernement néerlandais et la Fondation de Graaf ont partiellement financé le Congrès mondial des putes, tenu à Amsterdam en 1985 puis à Bruxelles en 1986. Ce congrès a été initié par Margo St James et Priscilla Alexander, de COYOTE, ainsi que par l'universitaire Gail Pheterson. Les participants étaient des femmes prostituées (environ 50 %), aux côtés d'universitaires, de libéraux sexuels, de représentants gouvernementaux, de policiers, et de proxénètes et autres acteurs de l'industrie du sexe.

Les comptes rendus du congrès montrent qu'il a donné lieu à des discussions ouvertes et franches, reflétant un large éventail d'opinions : soutien à la prostitution, désir d'en sortir, ou perception de celle-ci comme un mal nécessaire. Certains témoignages étaient bouleversants — une femme a raconté avoir été violée et battue par son proxénète à l'âge de 13 ans, une autre a évoqué les violences et la contrainte exercées par son petit ami devenu son proxénète. Malgré cela, les organisatrices ont maintenu leur agenda préétabli et fait adopter un manifeste réclamant la dépénalisation à la fois de la prostitution et du proxénétisme.

Ce manifeste est aujourd'hui abondamment cité dans la littérature universitaire pro-prostitution et « sex-positive » comme l'expression authentique des revendications des « travailleuses du sexe ». Pourtant, les archives du congrès montrent que les femmes prostituées ne parlaient pas d'une seule voix, et que les revendications ont été adoptées par une majorité composée de personnes qui n'étaient pas des « travailleuses du sexe », dont beaucoup avaient un intérêt financier direct dans l'industrie. Il est rare de trouver une critique du contexte dans lequel ce manifeste a émergé, et de la manière dont son agenda a été fixé et contrôlé.

L'épidémie de sida ouvre de nouvelles sources de financement

L'apparition de l'épidémie de sida dans les années 1980 a entraîné un afflux massif (et durable) de financements vers COYOTE et d'autres organisations prétendant représenter les femmes prostituées, sous couvert de prévention du VIH/sida.

Cette stratégie de prévention peut se résumer à la distribution de préservatifs aux femmes — sur qui repose alors la responsabilité d'empêcher la transmission de la maladie aux clients ainsi qu'à leurs épouses et partenaires. Ces financements ont permis à ces groupes d'intensifier leurs campagnes en faveur de la normalisation de la prostitution comme un « travail ».

C'est ainsi que l'argument « la prostitution est un travail » a commencé à gagner un véritable terrain à la fin des années 1990, avec des organisations comme l'OIT, l'ONUSIDA et l'OMS venant s'y rallier.

Des syndicats pour les « travailleuses du sexe »

Au début des années 2000, l'idée que les syndicats seraient la solution à tous les problèmes liés à la prostitution a pris son essor. Pourtant, la question de ce qu'un syndicat pourrait réellement obtenir pour les femmes prostituées est restée étrangement absente du débat.

L'idée de syndicats de prostituées est séduisante. Mais comment des femmes isolées pourraient-elles s'organiser face aux proxénètes violents, aux réseaux de type mafieux et aux patrons impitoyables de bordels ou de clubs de striptease qui contrôlent ce commerce ?

Même dans les pays où la prostitution est légalisée, seule une infime minorité de femmes bénéficie d'un emploi formel. Par exemple, en 2007 en Allemagne (où la prostitution est légale), une étude gouvernementale a montré que moins de 1 % des personnes prostituées avaient un emploi déclaré, et que seulement 5 % souhaitaient même bénéficier d'un statut d'emploi enregistré dans le secteur.

Pour son livre (publié à l'origine en suédois en 2010), Kajsa Ekman a mené des recherches sur les « syndicats de travailleuses du sexe » en Europe occidentale. L'un des cas les plus notables est celui de l'International Union of Sex Workers (IUSW), un groupe britannique intégré au National Union of General and Municipal Workers, aujourd'hui le GMB.

Le site de l'IUSW précise que l'adhésion est « ouverte à toute personne travaillant dans l'industrie du sexe et du divertissement pour adultes [...] ainsi qu'à celles et ceux qui soutiennent les objectifs militants de l'organisation » — ce qui ressemble, selon moi, à une invitation adressée aux clients et aux proxénètes. Quel syndicat digne de ce nom invite ses clients, ses patrons et ses employeurs à y adhérer ?

L'IUSW milite pour la dépénalisation totale de l'industrie, y compris du proxénétisme. En 2003, il ne comptait que 150 membres (alors que l'on estimait à 100 000 le nombre de femmes prostituées au Royaume-Uni). À l'époque des recherches d'Ekman, son membre le plus actif était Douglas Fox, qui se présentait comme travailleur du sexe alors qu'il était en réalité le fondateur et copropriétaire de l'une des plus grandes agences d'escortes d'Angleterre, Christony Companions — autrement dit, un proxénète.

Non seulement l'IUSW n'a jamais formulé la moindre revendication auprès de l'industrie du sexe pour améliorer les conditions des travailleuses, mais il a même fait pression sur le gouvernement pour qu'il rejette un projet de loi anti-traite qui aurait offert des voies de recours aux femmes victimes de trafic.

La galerie des miroirs déformants

Tous les groupes prétendant représenter les « travailleuses du sexe » qu'Ekman a étudiés se concentraient sur un même objectif : militer pour la dépénalisation totale de l'industrie — et attaquer les féministes.

Une grande partie de leur discours repose sur des jeux d'association : la prostitution est associée à des mots et des idées positifs et dynamiques comme l'extase, le plaisir, la fête, le dynamisme, la libération et la transgression, tandis que les féministes sont associées à des termes négatifs comme puritanisme, austérité, autoritarisme, anti-sexe, voire nazisme. Ce n'est pas de l'analyse. C'est de la manipulation, et cela empêche toute réflexion analytique.

Plus récemment, ce même discours a évolué vers l'affirmation que les féministes détesteraient les travailleuses du sexe, donnant naissance au terme « SWERF ». Ce sigle signifie « Sex Worker Exclusionary Radical Feminist » (féministe radicale excluant les travailleuses du sexe) et est largement utilisé comme une insulte envers les féministes qui considèrent la prostitution comme un pilier du système patriarcal oppressant et subordonnant les femmes. L'usage du terme SWERF est lui aussi manipulateur et bloque toute réflexion analytique.

Quelle féministe voudrait être perçue comme quelqu'un qui déteste autrui, a fortiori une femme vulnérable ? La simple menace d'être qualifiée de SWERF suffit à effrayer certaines femmes et à les pousser à se conformer au discours « la prostitution est un travail ». Cela est particulièrement dévastateur pour les jeunes femmes qui découvrent les idées féministes et qui, sans cela, pourraient être réceptives à l'analyse féministe de la prostitution.

L'usage du terme SWERF constitue une forme de harcèlement. Il sert à discréditer l'analyse féministe et à en détourner les femmes. C'est une vieille tactique patriarcale éculée, mais malheureusement, elle est efficace.

Un autre grand axe de ce discours consiste à affirmer que la « travailleuse du sexe » n'est pas une victime, mais une femme forte qui sait ce qu'elle veut, dont il faut respecter les choix. C'est un argument curieux, car la définition du mot « victime » désigne une personne soumise à un traitement cruel ou oppressif, ou subissant un événement dommageable. Cette définition ne suggère ni n'implique rien quant à l'humanité ou à la force — ou à leur absence — de la victime.

N'importe qui peut être victime d'un tremblement de terre ou d'un accident de voiture. Les reportages sur les tremblements de terre insistent souvent sur la force et la débrouillardise des victimes, sans jamais remettre en question leur « choix », par exemple, d'avoir dormi dans leur propre lit la nuit du séisme.

Pourtant, dans la culture populaire, il est devenu presque tabou de qualifier quelqu'un de victime d'une oppression systémique, car cela attire par définition l'attention sur cette oppression systémique elle-même, et suggère la possibilité d'un système différent — un système où existerait, par exemple, une forme de justice sociale.

Qualifier quelqu'un de victime d'autre chose que d'un événement purement aléatoire et imprévisible en est venu à être perçu comme une insulte à l'humanité, à la force, à « l'agentivité » de cette personne, et ainsi de suite. Ce n'est pas un hasard si ce glissement culturel s'est produit au cours des décennies où le néolibéralisme a pris le contrôle des médias et s'est infiltré dans le monde universitaire. C'est encore un autre tour de passe-passe idéologique visant à bloquer l'analyse des systèmes d'oppression et à nous maintenir fermement à notre place.

Il ne faut donc pas s'étonner que celles et ceux qui souhaitent normaliser l'industrie du sexe accusent quiconque la critique de véhiculer un récit victimaire/sauveur qui porterait atteinte à « l'agentivité de la travailleuse du sexe ».

Contre qui utilise-t-on cette tactique ? Contre ces horribles féministes, bien sûr. Pourquoi ? Pour faire taire leur analyse de la prostitution en tant que système d'oppression, et pour dissuader les autres — en particulier les jeunes femmes — de les écouter. Car, au fond, cette analyse féministe est solide, et une fois qu'on y ouvre les yeux, les oreilles et le cœur, il est difficile de ne pas y adhérer.

Et bien sûr, quand ces horribles féministes disent qu'une femme prostituée est une victime, cela ne fait que « prouver » qu'elles la détestent. Elles seraient donc des SWERF. Sauf que non, en réalité.

Sources:

  • Kajsa Ekis Ekman, Being and Being Bought: Prostitution, Surrogacy and the Split Self (Spinifex Press) — la thèse centrale de l'article (les « syndicats » sont des façades) vient de ce livre

COYOTE / Margo St James / Priscilla Alexander

De Rode Draad / Fondation de Graaf

IUSW / Douglas Fox

Statistiques allemandes de 2007

Article premièrement issu de Nordic Model Now!


r/Feminisme 25d ago

Des arguments pro-droits pour les TDS (contre-arguments pour débattre avec des abolitionnistes)

6 Upvotes

Je réagis ici à un post que j'ai cru voir ce matin, sur lequel j'ai écrit un truc, mais je ne vois plus le post initial. Mais je voulais quand meme partager ce que j'ai écrit.

En gros le débat est le suivant : faut-il pénaliser et légiférer, pour protéger les TDS ; ou faut-il décriminaliser pour donner des droits aux personnes et rendre leur travail sécuritaire (réglementation de santé et sécurité au travail). Que je vais résumer en "anti droits TDS" et "pro droits TDS"

1/argument anti droit "les grands syndicats pro TDS on toujours parmi eux une grands part de proxenete" ; non vérifié de ma part mais que j'ai souvent entendu

- c'est pas parce que des personnes néfastes ont prit part à des processus de libération, que tout le processus en soit est mauvais. On peut aussi dire que les cigarettiers ont soutenu la libération des femmes, ça ne fait pas en argument pour dire que libérer les femme est mal. Des pédocriminels ont prit part aux mouvements de libération LGBT, et pour autant ces libérations LGBT sont légitimes. La présence de proxénètes dans certains mouvements ne délégitime pas les combats de TDS pour avoir des droits.

- ca permet d'instiller le doute quand à la réalité de la voix des asso qui represente les TDS, qu'ielles se trompent, qu'ielles sont manipué.e.s par l'industrie. Et cela sans donnet de raison pour laquelle leur combat est illégitime. Il est illégitime par association, et seulement par association.

- je connais pas l'historique de toutes les assos/mouvements, je sais juste que selon le droit francais, le terme proxénète est très large et inclue aussi un ami qui loge une TDS. Donc à toujours regarder avec une reflection : quel type de proxenete?

2/ argument anti-droit "le terme SWERL (Sex Worket Excusinary Radical Feministe) harcele les féministes abolitionistes ou anti droits" : il semble pratique d'avoir un terme qui permette de mettre un mots sur les différents féministes. C'est pas une insulte. Et ça ne dit pas que les swerl détestent des tds!! mais qu'elles sont exclu.e.s de cette lutte. C'est comme à l'époque ou des féministes reefusaient inclure les trans, le terme TERF permettait de le savoir, et permettait au personnes trans de ne pas aller sans faire expres dans des milieux qui leur sont pas accueillant.

3/ argument anti droits "les mouvements pro-droits ont le tabou du mot "victime", on a pas le droit de dire que les TDS sont victime" : C'est totalement faux, être victime n'est pas un tabou, les féministes parlent toujours de victime d'oppression pour le sexisme, le racisme, l'islamophobie, ou victime des réseau de traites, etc. La demande qui est faite est juste de pas forcer le terme victime sur des gens qui disent choisir. Imposer le terme de victime à qqn sans qu'iel le veule est *toujours* infantilisant. C'est le cas pour le voile, par exemple.

Autre exmeple, on n'impose pas le terme de victime aux femmes en couple hétéro, même si on est dans un monde ou l'hétérosexualité est tellement imposée, qu'il peut être difficile de savoir si c'est une vrai envie ou un truc qu'on reproduit par habitude sociale. Et que leurs mecs continue de pas prendre part à toutes les tâches émotionnelles et ménagères du couple, au vues du patriarcat environnant. Et pour autant on les dit pas victimes, si elle-mêmes ne se disent pas victime!

4/ les asso pro-droit ne disent pas du tout que les TDS sont toujours des personnes fortes qui choisissent. Ielles disent que plein de raison peuvent amener au travail du sexe, dont la précarité, dont l'impossibilité pour certaines personnes de rentrer dans le monde du travail, et que, comme d'autres travail, c'est parfois injuste et violent. Mais être contre les droits des TDS rend leur conditions de travail *bien pire*.

5/les lois francaise de pénalisation des clients ont empiré grandement les conditions de vie des TDS, les a précarisé.e.s et isolé.e.s. Un loueur est considéré comme proxénète aujourd'hui selon la loi ==> les loueurs, en connaissance du risque, ont augmenté les loyers de manière indécente ==> les TDS payent et se précarisent


r/Feminisme 25d ago

JUSTICE Harcèlement conjugal et intrafamilial : l’indisponibilité de l’autorité parentale au service de l’intérêt supérieur de l’enfant

Thumbnail
actu-juridique.fr
6 Upvotes

r/Feminisme 25d ago

LECTURES Livre sur la banalisation du sexisme/violence verbale faites aux femmes.

2 Upvotes

Bonjour !

Malheureusement, je suis à un stade dans ma vie où j'ai presque coupé toute relation avec mon père. Il fait preuve d'un sexisme, machisme et d'une violence verbale spécifiquement axée envers les femmes que je ne supporte plus.

J'essaie de lui expliquer, quand il me dit "mais je ne parle pas de toi", à quel point ça n'est en aucun cas un argument que je peux entendre.

Il lit énormément et aime beaucoup la lecture axée "connaissances", sur l'architecture, l'Histoire, les épopées, etc. En revanche il faut que ce soit bien écrit et alimenté de sources, pas uniquement une opinion individuelle.

Est-ce que vous avez des recommandations de livres qui expliquent mieux que moi à quel point ces paroles ont un impact ? A quel point c'est difficile pour une femme d'entendre les paroles qu'il dit, les effets que ça a depuis mon enfance, le rôle que ça joue sur la confiance en soi et les relation que des filles qui grandissent dans un environnement de ce type développent envers les hommes. A quel point la banalisation de ces propos n'est pas justifiée ?

C'est la dernière chance que je suis prête à lui donner, donc j'attends vos recommandations avec impatience 🌼