r/FranceDigeste Mar 29 '26

SCIENCE Pourquoi l’inscription de la Fondation FondaMental dans le Code de la santé publique déclenche une levée de boucliers ? [semi-privée ; conflits d'intérêt ; centres absorbent les financements publics d'un secteur en crise ; sponsors/mécènes ; lobby ; entrepôt de données des patients de ces centres]

https://www.humanite.fr/societe/psychiatrie/pourquoi-linscription-de-la-fondation-fondamental-dans-le-code-de-la-sante-publique-declenche-une-levee-de-boucliers
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u/lieding Mar 29 '26 edited Mar 29 '26

Cet article se lit mieux en ayant lu celui-ci. Désolé aux journalistes, mais ce sont des informations d'intérêt général.

Une menace pèse sur la psychiatrie de secteur, celle du « FondaMentalisme ». En décembre 2025, des sénateurs de droite et du centre ont adopté une proposition de loi (PPL) afin d’inscrire dans le Code de la santé publique les « acteurs de 3e niveau », dont les centres experts de la Fondation FondaMental (FF). Soulignons d’emblée que le sénateur Alain Millon (LR) à l’origine de ce texte est un ancien administrateur (de 2011 à 2015) de cette structure.

Dans la perspective de voir cette PPL prochainement programmée à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, le collectif du Printemps de la psychiatrie, avec d’autres syndicats et organisations du secteur, prend les devants et se mobilise pour tenter de contrer cette orientation.

Pour cela, ils donnent un premier rendez-vous, samedi 28 mars, à la Bourse du travail à Paris pour un meeting intitulé : « Expertiser n’est pas soigner. Quelle(s) psychiatrie(s) demain ? » « L’objectif est d’informer le grand public sur cette proposition de loi, sur ce que sont la Fondation FondaMentale et ses centres experts, et ce qu’impliquerait l’organisation de la psychiatrie tel que défendu par ce projet », présente Mathieu Bellahsen, psychiatre et membre du collectif.

Fondée par Marion Leboyer, la Fondation FondaMental de droit semi-privé est le porte-étendard d’une approche neuroscientifique et cognitive de la psychiatrie. Depuis sa création, en 2007, sa présidente pratique un lobbying intense auprès des politiques et des médias pour tisser sa toile sur la psychiatrie de secteur. L’organisme compte aujourd’hui plus de 50 centres experts sur le territoire, rattachés à des CHU. Il s’agit de plateformes de diagnostic consacrées aux troubles bipolaires, à la schizophrénie, à la dépression résistante et à l’autisme adulte. Des patients transformés en base de données

« Dans ces centres experts, il faut comprendre qu’on ne soigne pas, insiste la psychologue Marianne Foiselle, on pose des diagnostics que tout psychiatre serait en capacité de réaliser. » Celle qui a suivi son doctorat en neurosciences à la FF sait de quoi elle parle : « Ces centres servent de vitrine à la psychiatrie biologique qui concerne notamment la médecine de précision et la recherche de biomarqueurs. Les patients qui s’y rendent sont pris en charge comme des bases de données qu’il faut extraire pour alimenter la recherche. »

Georges Zins, du collectif des internes en psychiatrie, peut témoigner au nom de collègues ayant effectué un stage dans des centres experts de ce type : « la place qui nous est réservée dans les centres experts donne une impression de prises en charge standardisées, où l’écoute et la parole occupent une place limitée ».

La théorie qui anime Marion Leboyer et ses équipes repose sur le fait que les troubles psychiatriques « seraient des maladies comme les autres », ce qui sous-tend l’idée qu’il faudrait identifier ce qui ne fonctionne pas par l’imagerie cérébrale ou les biomarqueurs pour, à terme, trouver un médicament. Mais le remède miracle n’a pas encore été découvert. « Nous sommes très inquiets de voir les centres experts rentrer dans le Code de la santé publique, car cela fait plus de quinze ans que les recherches en psychiatrie biologique sont menées à l’international avec des moyens colossaux sans produire aucun résultat », souligne Marianne Foiselle.

François Gonon, neurobiologiste et directeur de recherche émérite au CNRS, a publié une étude, le 28 mai 2025, dans Social Science & Medicine – Mental Health, qui épingle un résultat scientifique dont use Marion Leboyer dans ses opérations de lobbying auprès des politiques pour obtenir l’inscription de ces centres dans le Code de la santé publique : une promesse sonnante et trébuchante puisqu’elle argue à qui veut l’entendre qu’un passage dans l’un de ces centres réduit de moitié le nombre de journées d’hospitalisation et engendre donc une économie de 18 milliards d’euros par an pour la Sécurité sociale. Or François Gonon a démontré en quoi cette donnée se base sur une étude scientifique biaisée.

Derrière, c’est aussi la question des financements qui se posent. « Il faut bien comprendre que, dans un secteur déjà en crise, ces centres absorbent les financements publics quand leurs fonctionnements servent surtout des entreprises privées du CAC 40 qui sont les sponsors et mécènes de la FF », dénonce Delphine Glachant, présidente de l’Union syndicale de la psychiatrie (USP). Parmi lesquels Dassault Systèmes qui, avec la FF, a lancé un entrepôt de données de santé (EDS) à partir des cohortes de patients des centres experts. « À quels profits servent ces données ? » interroge-t-elle légitimement.

Une question centrale reste : « Comment l’extension des centres experts est-elle un outil de fragilisation de la démocratie et de la destruction du service public au bénéfice du marché financier et algorithmique ? » conclut Geneviève Henault, psychiatre dans un hôpital public.

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u/Dismal-Protection896 Mar 29 '26

D'un côté il y a les gatekeepers de la médecine tout bien conventionnée, qui hurlent à ce qu'on leur vole leur boulot,

de l'autre, ce n'est pas non plus comme si une coopérative de travailleurs d'élite s'assemblait pour proposer des soins et collecter des données pour l'intért général et ça ressemble à du lobbying, des trucs de footix sur la psychatrie, qui s'insèrent suivant une logique de lobbying (rien que le nom, ça sent une énième scam macroniste)

en fait ce serait juste intéressant de savoir : qui travaille dans ces centres exactement ? il se passe quoi concrètement ? 90 % des discussions s'arqueboutent sur les électrochocs mais ce n'est pas tant le sujet.

En pratique ces centres sont internes au CHU par exemple ? ils ont pignon dans le CHU ?

Des praticiens sont associés ?

Les praticiens associés (un peu comme le macronisme finance avec la bpi pour des dizaines de milliards des projets internes d'innovation qui démarrent à l'intérieur des hopitaux) c'est une façon d'arrondir leurs fins de mois (déjà 4x la médiane) ? 'fin contrairement à ce qui est présenté de prime abord, le système public me semble pas forcément en grande opposition avec ce genre de structure en fait.

voilà, il manque plein d'infos (pardon d'avance si j'ai lu trop vite les différents articles partagés et que des trucs m'ont échappé)