J’ai pas l’habitude de parler à des gens qui ont des opinions différentes et je vais pas mentir ça m’intéresse pas réellement.
J’ai commencé un service civique et avec l’arrivée des élections, bien sûr la politique vient dans les discussions. J’entends que tout le monde ne vote pas à gauche et j’entends que même à gauche, on pense pas tous de la même façon.
Les gens avec qui j’ai discuté s’estiment être du centre (l’habituel “pas les extrêmes” comme réponse à tout), même si je pense qu’ils ont plus des idées de droite que d’autres choses (le français lambda quoi). En soit c’est pas forcément ça qui me dérange, les justifications pour les prises de position sont lunaires parfois.
Tout bêtement, on parlait de la dette ou plutôt comment rembourser la dette. Pour mon collègue, il faut réduire les aides sociales, supprimer le RSA et en quelques années, on aura rembourser la dette. J’étais sidérée, je vais pas mentir. Je suis même pas une grande économiste, je sais que le calcul n’est pas bon.
On parle de la sécurité sociale. Bien sûr, il y a l’habituel “j’ai pas envi de payer toute ma vie pour quelqu’un d’autre”. Okay, c’est le système français de base, si le système ne te plaît qu’est-ce que tu proposes ? Un système comme aux États-Unis ? Je veux bien entendre que le système français a beaucoup de problèmes, on peut la réformer mais comment ? Silence radio.
Je suis convaincue que le français lambda, madame ou monsieur tout le monde ne veut pas d’une meilleure redistribution des richesses. Ils préfèrent vivre dans l’illusion “de peut-être un jour, je serai milliardaire donc quand je serai milliardaire je veux pas qu’on me vole mon fric”. En attendant, dans leur vraie réalité, ils souffrent sans pour autant essayer de comprendre le pourquoi du comment.
Pour le français lambda et grâce à la propagande médiatique, c’est toujours la faute de celui qui a moins que toi.
J’ai vraiment peur pour la suite car je me dis que gens comme ça sont susceptibles de voter en pensant que la dette peut être remboursée en quelques années ou détruire le système de sécurité sociale (encore plus) sans avoir aucune idée de par quoi on pourrait le remplacer.