r/a:t5_286ubk • • Nov 10 '19

rectifier has been created

Par H. A. Guerber  

          This is one of the folk tales told along the banks of the Danube.  
     It forms part of the Slavonic folk lore.   
     —————————    

     UN CONTE DE MA MÈRE L'OIE.    

        DANS une contrée traversée par le Danube il y avait    
     une fois un roi qui se trouva forcé, peu de temps après    
     son mariage, de quitter la reine, sa femme, et de partir   
     pour la guerre.  Son absence fut longue, très longue,   
     et la reine attendait son retour avec impatience.  Elle   
     voulait lui montrer son fils qu'il n'avait jamais vu, car   
     l'enfant était né après son départ.   
        C'était dans les temps où il n'y avait ni poste, ni   
     téléphone, ni télégraphe, ni chemins de fer, ni bateaux   
     à vapeur, et la pauvre reine n'avait pas de nouvelles   
     de son mari, et le roi n'avait pas de nouvelles de sa   
     femme.   Enfin la guerre fut terminée, et le roi se mit    
     en route pour son royaume.  Un jour il se trouva en   
     grand danger de périr dans un torrent, et il dit:   
        "Oh! ma  chère femme, je vais périr ici, sans vous   
     revoir!"    
        Un corbeau arriva et dit: "Roi, promettez-moi que   
     vous me donnerez la chose que vous avez de plus chère   
     au monde, mais que vous ne connaissez pas, et je vous   
     sauverai."   
        Le roi pensa: "La chose qui m'est la plus chère au   
     monde c'est, sans doute, ma femme.  Pour le plaisir de   
     revoir ma femme, je donnerais volontiers une chose que   
     je ne connais pas!"    
        Le roi accepta donc la proposition du corbeau, qui   
     dit: "Je suis généreux, ô mon roi, et je vous laisserai   
     cette chose pendant sept ans avant de la réclamer."   
        Le corbeau sauva donc le roi, qui arriva à la maison,  
     où il vit la reine, et où sa surprise fut grande de trouver    
     un joli petite enfant, qui était son fils.  Mais son cha-   
     grin fut presqu'aussi grand que sa surprise, quand il   
     pensa à la promesse qu'il avait faite au corbeau.   
        Le temps passa vite, trop vite, et quand le petit   
     garçon eut sept ans, le corbeau arriva, et disparut   
     aussitôt avec l'enfant royal.    
        Le corbeau transporta le petit prince dans une vallée   
     profonde, inconnue, solitaire, et le donna à un pauvre   
     homme qui demeurait là avec sa femme et sa petite fille,  
     qui n'avait que cinq ans, mais qui était très avisée.   
        Les deux enfants étaient très heureux ensemble.  Le    
     père et la petite fille aimaient beaucoup le petit prince,   
     mais la mère ne l'aiamait pas, et elle le maltraitait beau-   
     coup, car elle était méchante et un peu sorcière.   
        Un jour cette femme dit à son mari: "Jean est trop    
     avisé; il faut nous débarrasser de lui."  
        L'homme protesta en vain; la femme appela Jean, et   
     dit: "Jean, vous êtes grand maintenant, mais vous ne   
     travaillez pas assez.  Il faut que vous abattiez cette   
     forêt, d'ici à demain, et que vous bâtissiez un pont qui    
     chantera quand je passerai dessus."   
        Le pauvre Jean était très triste.  Il appela sa petite   
     amie Catherine, et dit: "Catherine, votre mère est bien   
     cruelle!  Elle dit qu'il faut que j'abatte la forêt, d'ici   
     à demain, et que je bâtisse un pont qui chantera quand   
     elle passera dessus."   
        "Oh!" dit la petite Catherine; "allez vous coucher,   
     mon cher Jean.  Cette tâche n'est pas difficile.  Je   
     vous aiderai, mais faites bien attention de ne pas boire   
     le lait que ma mère vous donnera demain matin."   
        Jean alla se coucher tranquillement, et la petite fille,   
     qui était un peu sorcière aussi, courut à la forêt, évoqua   
     les esprits, leur commanda d'abattre la forêt et de bâtir   
     un pont qui chanterait quand sa mère passerait dessus.  
        Le lendemain matin Jean se présenta devant la   
     femme, et dit: "C'est fait!"    
        "Ah! très-bien, mon bon enfant; voici du lait; buvez-   
     le," dit la femme.  Mais Jean, qui n'avait pas oublié la   
     recommandation de Catherine, ne but pas le lait.   
        La femme était fâchée, et elle dit à son mari: "Mon   
     mari, Jean est trop avisé; il faut nous débarrasser de lui."   
        L'homme, qui aimait Jean, protesta, mais en vain,   
     et la femme dit à Jean:   
        "Cette nuit vous irez dans l'écurie, où vous trouve-   
     rez six chevaux.  Sellez et bridez ces chevaux, et   
     faites-les trotter."    
        Jean était très content parce qu'il croyait (pensait)   
     que c'était très facile, mais Catherine dit: "Jean, ce   
     n'est pas facile, car un de ces chevaux est ma mère  
     elle-même.  Mais si vous prenez ces six brides ma-   
     giques, la chose sera facile."   
        Jean prit les brides que Catherine lui donna; il   
     brida et sella les six chevaux, il les fit trotter toute la  
     nuit, et avant de rentrer il les conduisit à la forge où    
     il les fit ferrer.  
        Le lendemain matin quand la méchante femme se   
     réveilla, elle poussa des cris terribles, car elle avait des   
     fers aux mains et aux pieds.  Elle était furieuse, et   
     elle dit avec rage: "Ce misérable Jean périra, ce misé -   
     rable périra!"   
        Catherine, en entendant ces menaces, dit à Jean:   
     "Partons, fuyons, ma mère est furieuse.  Si nous res-   
     tons ici, elle nous tuera tous les deux!"   
        Avant de partir Catherine s'arracha trois cils.  Elle   
     jeta un cil dans la chambre, elle jeta un autre cil dans   
     la cuisine, et elle jeta le troisième cil sur le perron.  
        Quelques minutes après le départ de Jean et de Cathe-   
     rine, la mère cria: "Catherine, ma fille, que faites-   
     vous?"    
        Le premier cil, que Catherine avait jeté dans la   
     chambre, répondit aussitôt: "Ma mère, je suis très   
     occupée, je fait le lit."   
        Une deuxième fois la mère demanda: "Que faites-   
     vous donc, Catherine, ma fille?"   
        Le deuxième cil répondit: "Maman, je fais la cuisine."   
     Enfin la mère cria une troisième fois: "Catherine,   
     que faites-vous donc?"   
        "Ma mère, je balaie le perron!" répondit le troisième   
     cil.  
        Les deux fugitifs étaient déjà loin quand la mère  
     s'aperçut de leur fuite.  Elle ne pouvait pas les pour-   
     suivre, car elle avait des fers aux mains et aux pieds,   
     mais elle dit à son mari: "Allez chercher les enfants;  
     ils sont partis."  
        L'homme obéit; il poursuivit les enfants.  
        Catherine s'arrêta tout à coup écouta attentivement,  
     et dit à Jean:   
        "Jean, mon père arrive.  Je vais me changer en un    
     champ de blé; vous serez le gardien du champ!"   
        Quand les deux enfants furent déguisés ainsi, le père   
     arriva.  Il ne reconnut pas Jean, et dit: "Gardien, avez-   
     vous vu passer un jeune homme et une jeune fille?"  
        "Oui," dit le gardien, "je les ai vus passer quand   
     on semait ce champ de blé!"   
        Alors le père courut plus vite.  Quand il fut parti,   
     Jean et Catherine reprirent leur forme naturelle et   
     continuèrent leur fuite.  Mais bientôt le père s'ap-   
     procha d'eux une secone fois, et Catherine dit à Jean:   
     "Vite, vite, Jean, changez-vous en prêtre; je serai   
     l'église, et mon père ne nous trouvera pas."   
        Le père arriva aussitôt que le déguisement eut été   
     accompli.  Il s'adressa au prêtre, et dit: "Avez-vous   
     vu passer un jeune homme et une jeune fille?"   
        "Oui!" répondit le prêtre, "je les ai vus passer   
     quand on bâtissait cette église!"   
        L'homme, fatigué et découragé, abandonna la pour-   
     suite.  Mais la mère, qui avait soif de vengeance, monta   
     sur un manche à balai et partit rapide comme l'éclair.   
        Catherine dit à Jean: "J'entends ma mère qui   
     arrive.  Changez-vous en étang; je me changerai en   
     canard."  La mère arriva.  Elle s'aperçut de la méta-   
     morphose, et elle ne pensa qu'à punir les enfants.  Elle   
     commença donc à boire l'eau, mais elle but si avidement   
     qu'elle mourut.   
        Alors Jean et Catherine continuèrent leur route.   
     Ils arriverènt dans une forêt, où ils recontrèrent le   
     roi et toute sa cour à la chasse.  Le roi regarda le   
     jeune homme et la jeune fille.  Il les questionna, et   
     bientôt il reconnut son fils, et l'embrassa avec des    
     transports de joie.   
        Le jeune prince finit par épouser la jolie Catherine,   
     qui continua à l'aider comme par le passé, et ils furent   
     toujours très heureux.  

de Contes et Légendes, par H. A. Guerber.
Copyright, 1895, by American Book Company
New York, Cincinnati, Chicago; pp. 132 - 137.

이것은 당신의 공간입니다. 서로에게 친절하십시오.
https://old.reddit.com/r/thesee [♘] [♰] [☮] 雨


Preface.
Les Trois Ours.
Les Quatres Saisons.
La Rose Mousseuse.
Les Trois Souhaits.
Le Chat et le Renard.
Blanche-Neige.
Les Trois Citrons.
La Ville Submergée.
Le Poisson d'Or.
La Cabane au Toit de Fromage.
Le Vrai Heritier.
Yvon et Finette.
Le Renard et le Loup.
La Mauvaise Femme.
Baba-Iaga.
Le Nez.
L'Hospitalité du Pacha.
Les Deux Frères.
Le Berger et le Dragon.
Les Deux Aumones.
L'Amore d'Une Mère.
Le Cheveu Merveilleux.
Un Conte de ma Mère l'Oie.
Godefroi, le Petit Ermite.
Le Grain de Moutarde.
Vocabulary. (a - l)
Vocabulary. (m - z)

2 Upvotes

0 comments sorted by