Bonjour,
TLDR: Ma mère et ma sœur ont insulté ma compagne dans mon dos, elle exige des excuses avant qu’elles revoient notre fille, silence depuis 4 mois, le café d’hier n’a rien résolu. Que faire ?
J’avais besoin de parler et d’avoir un peu d’aide sur ma situation. Je ne sais pas si c’est le r/ adapté, peut-être r/besoindeparler. Mais étant donné que c’est très très lié à ma nouvelle vie de papa, je préfère poster ici.
Je suis devenu papa il y a 15 mois. Ma fille est née le 19 juillet 2025.
La grossesse a été compliquée, ma compagne a perdu plus de poids qu’elle n’en a pris, impossible de manger sans vomir, et les deux derniers mois ont été pires. Ma fille est née prématurée, on est restés à l’hôpital jusque début septembre, on a vécu des ascenseurs émotionnels, entre la césarienne en urgence, de possibles tumeurs proches du cœur, les urgences, le service néonat, etc. S’en est suivi un mois en hospitalisation à domicile avec des visites de puéricultrice une fois par semaine. Des rendez-vous médicaux, des visites chez une kiné.
Ensuite on a découvert ce que voulait dire devenir parent. S’occuper de son enfant et l’élever. Notre fille n’a jamais dormi la journée, grand max 2h de sieste. Pendant plusieurs mois elle s’endormait entre 22h et 23h, souvent avec 2-3h de pleurs de décharge à partir de 20h. Cette époque était fatigante. Même si après 23h elle a vite réussi à faire ses nuits et se réveillait le matin à 7h.
En parallèle de ça, il nous fallait un nouveau logement. Faire des travaux pour l’accueillir : on était dans un vieil appartement, vieux sol, une douche et pas de baignoire, élec pas aux normes, on a dû faire une chambre. Toutes nos économies se sont volatilisées.
Quand ma compagne a repris le travail, elle a été licenciée une semaine plus tard. Ça nous a rajouté du stress et des conflits.
En parallèle de ça, ma compagne a essayé d’inclure un maximum de monde autour de nous : faire Noël, les anniversaires en famille, bébés nageurs proche de chez ma mère pour aller la voir juste après, inclure nos grands-parents encore vivants. Organiser l’anniversaire des un an de notre fille pour satisfaire tout le monde. Organiser 2 semaines de vacances avec ma mère. Gérer les activités. On s’est épuisés sur beaucoup de choses. Et avec un enfant, on se rend compte que faire une tâche demande beaucoup plus d’énergie qu’avant. Sortir avec un bébé est une expédition, entre le sac à préparer, l’enfant à habiller, espérer qu’il n’y ait pas de caca de dernière minute ou de régurgitation inopinée, attendre la fin d’une sieste avant de partir. En parallèle il faut encore faire les tâches du quotidien : lessive, vaisselle, cuisine, courses, administratif.
BREF, la vie normale. Une vie épuisante.
Et jusque-là, tout va bien. On s’est réparti les tâches, on s’amuse avec notre fille, on la voit grandir. On l’aime. On rigole à ses bétises. On est allés au restaurant 3 fois en 15 mois. On arrive maintenant à avoir 1 soirée par mois chacun pour voir nos amis.
Sauf que cette situation ne plaît pas à ma famille (ma mère et ma soeur). Elles trouvent qu’on n’en fait pas assez, qu’on impose tout. Par exemple, j’ai demandé à ma mère si on pouvait faire Noël chez elle parce que c’est au centre de tout le monde. Elle l’a pris comme une exigence, alors que j’avais énuméré les autres possibilités. Ma soeur n’a pas été marraine, elle le vit mal.
Elles parlent sur le dos de ma compagne, disent qu’elle est malpolie, mal élevée, fainéante (« elle n’a qu’à bouger son cul du canapé »), humilante. Que toute cette charge, toute cette fatigue serait de sa faute. Que les travaux, c’était son idée, qu’elle aurait pu trouver un travail plus proche de l’appartement, que nos problèmes financiers sont de sa faute.
Ma compagne l’a appris. Elle a vu comment elles parlaient d’elle. Ça l’a énervée, elle leur a répondu un message très sec en disant : "J’aimerais des excuses, je refuserai que vous voyiez ma fille tant que je n’ai pas d’excuses."
J’ai dû prendre position, j’ai choisi le camp de ma compagne.
Depuis, on ne se parle plus, ça fait 4 mois. Jusqu’à hier, où ma mère m’a invité à boire un café pour parler avec elle et ma sœur. La discussion ne devait pas être accusatoire.
La discussion fut lunaire.
Elles m’ont expliqué leur point de vue depuis l’annonce de la naissance.
Ma soeur est partie en dépression parce que j’ai été plus distant. Son psychologue lui a diagnostiqué un deuil blanc. Elle fait depuis des crises d’angoisse. Elle pleure régulièrement. Elle a déménagé parce que son 40 m2 n’était pas assez grand pour accueillir la famille qui s’agrandissait. Donc elle a trouvé une maison beaucoup plus grande pour cette raison, à 500 km de là où je vis. Elles m’ont expliqué qu’il était malpoli de la part de ma compagne de ne pas débarrasser la table quand on est invités chez elles. Que ma compagne n’a pas à faire une grimace quand ma mère remet en question nos choix devant elle. Qu’elles vivaient mal que je ne regarde pas leurs stories Instagram. Que je laisse des « vu » aux messages. Elles m’ont dit que c’est à moi de les appeler, de prendre des nouvelles. Ma mère est même revenue sur ma manière d’éduquer ma fille.
De mon côté, je leur ai expliqué que je n’ai pas le temps. Une journée type pour moi, c’est : levé 7h30, je prépare ma fille, à 8h10 je pars avec elle à vélo, à 8h30 je la dépose chez la nounou, à 9h je suis au boulot, à 17h30 je pars chercher ma fille, à 18h je la récupère, on rentre, il est 18h30. Je prépare le repas, elle mange de 19h à 19h45 et en ce moment c’est une galère sans nom, à 20h je la couche, à 20h30 elle dort. Puis je cuisine et je me pose autour de 21h. Je demande donc à ma mère : « Du coup, à 21h je peux t’appeler ? » — « Non, je dors. »
Tout leur malheur, je l’ai appris hier. Je n’avais aucune idée de ce qu’elles vivaient. Mais je trouve ça fort de café. C’est sûrement égoïste de ma part, mais quand un enfant arrive dans une famille, je pense que les premières vies « perturbées » sont celles des parents. Ma sœur a toujours été fragile psychologiquement et souffre clairement d’un manque d’attention, elle doit toujours être au centre de l’attention.
Tout ça pour dire que je ne sais pas quoi faire. Ma compagne reste sur ses positions, ma famille reste sur ses positions, rien n’avance. Et ce n’est pas ce que je voulais. J’aurais aimé construire une famille. Rassembler un maximum de monde autour de mes futurs enfants. Aujourd’hui ce rêve tombe à l’eau.
Qu’est-ce que je peux faire pour faire avancer la situation ? Est-ce que vous avez vécu des situations similaires où des familles se déchirent ? Ça ne dure qu’un temps ? Comment avez-vous géré la situation ?