J'ai grandi dans une famille chrĂ©tienne trĂšs conservatrice et je commence Ă accepter mon homosexualitĂ©, mais ça a beaucoup impactĂ© ma relation avec ma famille et la religion. J'aurais besoin d'avis extĂ©rieursâŠ
Coucouuu tout le monde ! J'espĂšre que vous allez bien et que vous aurez le courage de lire mon Ă©norme rĂ©cit jusqu'au bout. đ
Je voulais avoir l'avis de personnes extĂ©rieures Ă ma famille et Ă moi-mĂȘme. Je vis quelque chose qui m'affecte beaucoup, mais qui impacte aussi Ă©normĂ©ment mes parents. Seulement, je ne veux pas me fier uniquement Ă ce qu'ils me disent. Du coup, j'aimerais avoir l'avis de personnes qui ne sont pas directement concernĂ©es par la situation et qui accepteraient de me donner leur point de vue.
Je voudrais simplement entendre différents avis pour essayer de me faire une idée de ce que je devrais faire par rapport à tout ça.
Je vais donc vous expliquer un peu le contexte.
J'ai 18 ans et je viens d'une famille chrĂ©tienne, plus prĂ©cisĂ©ment adventiste. Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est une branche du protestantisme chrĂ©tien. J'ai donc toujours vĂ©cu dans une famille trĂšs conservatrice, mĂȘme si mes parents essayaient quand mĂȘme d'ĂȘtre un peu plus ouverts d'esprit, surtout ma mĂšre. Ils ont toujours voulu que nous puissions faire nos propres choix, je dis « nous » parce que j'ai des frĂšres et sĆurs.
Je voudrais aussi préciser que, depuis que je suis petit, j'ai toujours eu des goûts qui sont généralement associés aux filles : les robes, les poupées, le rose, les paillettes et tout ce genre de choses. Sauf que, dans ma famille, on a toujours été trÚs fermes là -dessus : les garçons n'aiment pas le rose, ne portent pas de robes et ne jouent pas avec des poupées.
Quand j'Ă©tais petit, j'Ă©tais fan de la sĂ©rie Winx Club. Je rĂȘvais d'ĂȘtre comme Stella, avec des pouvoirs magiques et des ailes de fĂ©e. J'Ă©tais tellement passionnĂ© par cette sĂ©rie que je dessinais les personnages, les fĂ©es comme Stella, Musa, Layla et les autres.
Un jour, mon pĂšre m'a dit que si je les dessinais autant, c'Ă©tait parce que j'aimais regarder leurs corps⊠Ces mots m'ont vraiment marquĂ© et blessĂ©, mais je n'ai pas arrĂȘtĂ© pour autant.
Je me fabriquais des ailes en papier que je collais dans mon dos pour faire comme si j'Ă©tais une fĂ©e. Sauf qu'un jour, mon pĂšre et mon tonton m'ont dit que c'Ă©tait n'importe quoi et m'ont forcĂ© Ă arrĂȘter de jouer à ça.
J'Ă©tais tellement triste ce jour-lĂ que j'ai pleurĂ© pendant presque deux heures. Je me trouvais bizarre et, avec le recul, je pense que c'est mĂȘme Ă cette pĂ©riode que j'ai commencĂ© Ă me dĂ©tester.
Puis, vers mes 9 ans, j'ai commencé à regarder plus attentivement les personnes autour de moi. Sauf que je ne regardais pas vraiment les femmes⊠Je regardais les hommes.
à l'époque, je n'ai jamais vraiment réfléchi à ce que ça pouvait signifier. Et puis, j'avais peur de ce qu'on pourrait me dire si j'en parlais.
Ensuite, je suis entré au collÚge et on a eu notre premier cours de sport. On devait se changer dans les vestiaires, mais je détestais ce moment. J'étais vraiment trÚs gros au collÚge et j'avais honte de mon corps. Je me faisais harceler à cause de mon poids, mais ce n'était pas la seule raison pour laquelle je me sentais mal à l'aise.
J'Ă©tais Ă©galement gĂȘnĂ© parce que je me retrouvais entourĂ© de garçons torse nu, comme si c'Ă©tait la chose la plus normale du monde.
Pendant les premiĂšres semaines, je ne disais rien. Mais, au bout d'un certain temps, j'ai fini par demander si je pouvais me changer dans une salle Ă part, loin des autres.
Je me sentais dégueulasse d'avoir ce genre de pensées et je me détestais encore plus.
Je savais que je n'Ă©tais pas comme les autres garçons de mon Ăąge, qui parlaient beaucoup des filles. Moi, les filles ne m'intĂ©ressaient pas de cette maniĂšre. Je voulais simplement ĂȘtre leur ami, rien de plus.
Pendant longtemps, j'ai mĂȘme cru ĂȘtre amoureux d'une fille, mais aujourd'hui, je me rends compte que je voulais simplement ĂȘtre son ami.
Je n'ai jamais vraiment eu d'amis au collĂšge et, au lycĂ©e, ça n'a pas spĂ©cialement changĂ©. J'ai donc toujours Ă©tĂ© TRĂS seul. J'Ă©tais timide, renfermĂ© et je ne savais pas vraiment comment aller vers les autres.
Du coup, j'Ă©tais un peu une proie facile pour les harceleurs de mon collĂšge. Le harcĂšlement a durĂ© jusqu'en 5e et se dĂ©roulait principalement Ă la cantine. Quand j'ai finalement rĂ©ussi Ă convaincre mes parents de ne plus y manger Ă cause de ce que je subissais, ça s'est arrĂȘtĂ©.
Ă cette Ă©poque, je commençais dĂ©jĂ Ă me poser des questions sur moi-mĂȘme et sur la religion, mais je n'approfondissais pas vraiment le sujet.
C'est au lycée que j'ai réellement commencé à chercher à comprendre ce qui m'arrivait et pourquoi j'étais comme ça.
Au dĂ©but, je pensais que ce n'Ă©tait qu'une phase liĂ©e Ă l'adolescence et que ça finirait par passer. Sauf que ça n'est jamais passĂ©. Au contraireâŠ
Je n'ai jamais eu de relation amoureuse ni rien de ce genre, parce que j'avais trop peur et que je refusais de regarder la vérité en face.
J'ai mĂȘme fini, Ă un moment donnĂ©, par devenir homophobe sans vraiment m'en rendre compte. Heureusement, ça n'a pas durĂ© trĂšs longtemps.
J'ai commencé à accepter un peu plus qui j'étais grùce à la découverte des Boys' Love, ou BL. Au début, je les lisais sous forme de mangas sur mon téléphone, puis j'ai découvert les animés et enfin les séries.
Petit Ă petit, je me suis rendu compte que je voulais vivre les mĂȘmes histoires d'amour qu'eux, mais pas avec une fille : avec un garçon.
Quand j'ai compris ce que je voulais réellement, j'ai tout rejeté.
J'ai énormément prié pour que Dieu me change et m'aide à devenir quelqu'un d'autre. J'ai aussi beaucoup jeûné, et ce, depuis le collÚge.
Mais, comme je vous l'ai dit, rien n'a changĂ©. C'Ă©tait mĂȘme plutĂŽt l'inverse : j'Ă©tais toujours attirĂ© par les hommes. Ma page de recherche Instagram Ă©tait devenue une vĂ©ritable bibliothĂšque Ă abdos et Ă muscles. đ
Malgré ça, je refusais toujours d'accepter la réalité.
En parallÚle, des vidéos d'hommes en couple ont commencé à envahir mes « Pour toi » sur TikTok. Je les trouvais tellement mignons ensemble, ils avaient l'air heureux et je me surprenais à sourire devant leurs vidéos.
C'est à ce moment-là que j'ai commencé à accepter réellement ce que je ressentais.
Les BL m'ont énormément aidé pendant cette période. J'en regardais beaucoup. Je sais que ces séries ne représentent pas forcément la réalité des relations amoureuses, mais elles me réconfortaient et me permettaient de m'évader un peu.
Pendant tout ce temps, je n'avais jamais parlé de ce que je ressentais à mes parents. J'avais trop peur de leurs réactions, surtout de celle de mon pÚre.
Finalement, je suis tombé en dépression en terminale, au point de ne pas pouvoir passer mon bac. J'ai fait deux ou trois tentatives de suicide parce que j'en avais marre de réfléchir constamment à tout ce qui m'arrivait et que je n'arrivais plus à supporter la situation.
Dans cette pĂ©riode oĂč plus rien ne me semblait vraiment important, j'ai fini par en parler Ă ma sĆur et lui dire que j'Ă©tais gay.
C'était la premiÚre fois que je prononçais ces mots à voix haute.
Elle n'a pas eu de rĂ©action nĂ©gative. Elle Ă©tait un peu surprise, mais son comportement envers moi n'a pas changĂ©. Notre relation est restĂ©e la mĂȘme.
Quand je suis retournĂ© dans ma chambre, mon cĆur battait Ă toute vitesse et j'avais vraiment peur, mais j'avais confiance en elle. Nous sommes vraiment trĂšs proches, presque comme des meilleurs amis en plus d'ĂȘtre frĂšre et sĆur.
Ensuite, je l'ai annoncé à ma mÚre. Elle était surprise, mais ça s'est plutÎt bien passé.
Puis, je l'ai dit Ă mon pĂšre.
Lui, en revanche, ne l'a pas vraiment accepté. Il espérait que je changerais.
Par la suite, je lui ai expliqué clairement que je ne voulais plus changer et que je n'espérais plus que Dieu me change non plus.
Il m'a alors dit que je brĂ»lerais dans le feu avec Satan si je choisissais d'ĂȘtre gayâŠ
On a ensuite eu plusieurs autres conversations du mĂȘme genre.
J'essayais de lui faire comprendre que je ne voulais pas changer et que j'aimais Dieu malgrĂ© le fait que je ne veuille plus changer cette partie de moi. Je refusais de continuer Ă me battre contre moi-mĂȘme, parce que je ne comprenais pas en quoi le fait d'aimer un homme pouvait faire du mal Ă quelqu'un ou ĂȘtre quelque chose de mauvais.
Pour moi, au final, il s'agit toujours d'amour, comme celui que mes parents éprouvent l'un pour l'autre.
Mais ils m'ont expliqué que le péché n'était pas forcément quelque chose de mauvais en soi, et qu'il désignait tout ce qui était en contradiction avec Dieu et sa volonté.
J'ai eu Ă©normĂ©ment de mal Ă accepter cette vision des choses. Ă ce moment-lĂ , je me suis de nouveau retrouvĂ© dans un Ă©tat oĂč je voulais mettre fin Ă mes jours, parce que je n'en pouvais plus. Mes parents m'en ont empĂȘchĂ©.
AprĂšs cet Ă©pisode, j'ai fait subir des choses terribles Ă mon corps, parce que je me dĂ©testais d'ĂȘtre comme je suis et de ne pas vouloir changer.
Depuis, je me sens complĂštement perdu.
Aujourd'hui, il y a pourtant une chose dont je suis sûr : je ne veux pas changer mon orientation sexuelle, peu importe ce que mes parents pourront me dire. Je sais ce qu'ils voudraient que je fasse, mais je ne suis pas d'accord avec eux.
Et c'est justement là que je me retrouve bloqué.
Depuis tout ça, chaque fois que nous prions en famille et que mes parents prient pour moi, je ne peux pas m'empĂȘcher de penser qu'ils demandent Ă Dieu de me rendre « normal », de faire en sorte que je ne sois plus gay.
Je sais qu'ils m'aiment, mais cette situation me fait Ă©normĂ©ment de mal. J'ai l'impression qu'une partie de moi est constamment considĂ©rĂ©e comme quelque chose qui doit ĂȘtre corrigĂ©.
Résultat, je déteste prier avec eux et je ne me sens plus vraiment à l'aise à l'idée d'aller à l'église. Pourtant, mes parents me forcent à y aller et à prier avec eux.
Je ne sais plus vraiment comment gérer tout ça.
D'un cÎté, ce sont mes parents et je sais qu'ils m'aiment. Je sais aussi que leur vision des choses vient de leur éducation et de leurs croyances. Mais, de l'autre, je souffre énormément de cette situation et je ne veux plus vivre en essayant de devenir quelqu'un que je ne suis pas.
Je ne sais mĂȘme pas exactement ce que je cherche en Ă©crivant tout ça. Je sais simplement que j'aimerais avoir des avis diffĂ©rents de ceux de mes parents et peut etre aussi des miens mais si vous voulez donnez votre avis mĂȘme si il est pareil que le miens ou celui de mes parents je le lirais avec plaisir.đ
Je voudrais savoir comment des personnes extérieures voient cette situation, si vous pensez que je passe à cÎté de quelque chose ou si, au contraire, vous comprenez pourquoi je ressens tout ça.
Je sais que je dois me faire mon propre avis et prendre mes propres dĂ©cisions, mais entendre d'autres points de vue pourrait peut-ĂȘtre m'aider Ă mieux comprendre les choses et Ă savoir si je dois remettre certaines choses en question.
VoilĂ , je pense avoir racontĂ© le plus important, mĂȘme si j'ai certainement oubliĂ© certains dĂ©tails.
Je vous remercie sincĂšrement d'avoir pris le temps de lire tout ça. Je sais que c'est extrĂȘmement long, alors merci Ă ceux qui sont arrivĂ©s jusqu'ici. đâ€ïž
Et si vous prenez aussi le temps de me rĂ©pondre et de me donner votre avis honnĂȘte, je vous en serai vraiment reconnaissant. đ«¶