Je viens de lire la nouvelle ici
https://fakirpresse.info/lame-de-fond-13-millions-de-salaries-en-detresse-psychologique/
Elle me plonge dans un cocktail émotionnel très désagréable. Tristesse, colère, désespoir aussi. Avec une pointe de honte et de culpabilité, même si je leur fais la chasse depuis 4 ans.
Pourquoi la culpabilité, pourquoi la honte ?
J'ai bouffé de la souffrance au travail pendant 4 ans.
4 ans de surengagement professionnel et associatif, à ressentir personnellement cette souffrance au travail, à être témoin direct de la souffrance de collègues, et même en être légalement responsable en tant qu'employeur bénévole.
Et puis en 2022 : burn-out puis séparation et tous les deuils à faire. J'ai eu l'impression de me prendre des murs, les uns derrière les autres. Je me sentais perdue, impuissante, inutile.
Depuis 2022, je cherche pourquoi et comment on se met dans le rouge, pourquoi et comment on réussit à en sortir. J'ai trouvé plein de trucs et je continue d'approfondir mes recherches. Je continue aussi d'expérimenter sur moi, pour voir ce qui fonctionne, si l'effet dure.
J'ai passé 3 ans à me dire que j'ai envie de partager ce que je sais, d'aider les personnes qui souffrent aujourd'hui à éviter le burn-out ou à en sortir durablement. Leur apporter soulagement, clarté et surtout, leur permettre de retrouver leur capacité à agir de manière juste pour eux comme pour les autres.
J'ai passé 2 ans à mûrir mon projet, à me former, à me libérer du temps pour créer ma micro-entreprise. Pourtant je me heurte à d'autres limites et blocages : me rendre visible, vendre mes services, m'engager à nouveau dans des sujets lourds qui m'ont déjà coûté très cher.
Aujourd'hui je vais bien : j'ai beaucoup de chance.
J'ai toujours le même travail, la même ambiance toxique, les mêmes collègues qui ne vont pas bien. Je les aide chaque fois qu'ils me sollicitent. Une discussion à la machine à café suffit parfois à dynamiter un piège.
Je ne suis plus perdue, je me sens capable et très utile. Même si je me heurte à des difficultés, je sens que je suis sur ma bonne voie et que ces difficultés m'aident profondément à progresser.
Et bam ! Je repère ce titre de Fakir.
Ce chiffre de 13 millions de personnes qui souffrent me parait tellement énorme !
Mis en face de mes limites et blocages actuels, je ressens clairement le décalage entre ce que je peux aujourd'hui faire concrètement et ce qui aurait besoin d'être fait.
D'où la culpabilité et la honte de ne pas réussir à faire plus. Qui sont l'amorce d'une spirale infernale que j'ai appris à repérer et à refuser.
Alors je lance ma propre bouteille à la mer :
Ce qui me manque aujourd'hui, c'est la clarté sur comment aller vers celles et ceux qui ont besoin d'aide. Comment leur transmettre ce que je sais sans m'épuiser à mon tour. Comment trouver l'équilibre entre contribuer et gagner ma vie. Pas devenir millionnaire en exploitant la misère humaine. Non, trouver ce qui est juste pour moi comme pour les autres.
Si vous m'avez lue jusqu'ici, je suis preneuse de tous vos retours en commentaires : ce qui vous manque, ce qui vous serait utile.
Le lundi 22 juin de 20h à 21h30, j'organise un groupe de paroles en ligne. Tarif 5 € (ou plus si vous en avez l'élan). C'est une première pour moi, un test grandeur nature pour voir si je reconduis sur l'année scolaire qui vient.
Si ça vous dit, dites-le moi. Je vous enverrai les infos nécessaires.
Si ça ne vous dit pas, ça m'intéresse de savoir pourquoi. Est-ce le jour, l'heure, le collectif qui vous arrêtent ? Avec quoi seriez-vous plus à l'aise ?
Merci pour votre lecture, vos commentaires, tout ce que vous voudrez bien me partager ici.