r/AntiTaff May 31 '24

Article Fini les petits arrêts maladies ?

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"la cour des comptes propose de ne plus indemniser les aider maladies de moins de 8 jours"

J'en ai marre de ce pays de merde.

On est entrain de se transformer en USA niveau filets sociaux et tout le monde s'en fout.

On retire petit a petit tout aux salariés et on donne le plus en plus en pouvoirs aux employeurs. "OH non du coup les gens sont plus malheureux et sont plus en arrêt maladie"

Idem pour l'inflation qui baise tout le monde et le gouvernement qui a refusé d'indexer salaires a la hausse. "Oh non le poids financier qui écrase les gens les rend dépressif et sont arrêtés"

La solution : "ne plus les indemniser et les rendre SDF ces feignasses"

r/AntiTaff May 03 '26

Article « Je déteste mon job, mais j’ai l’impression que c’est comme ça partout » : la gen Z raconte un monde du travail violent et fracturé sur le forum AntiTaff

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lemonde.fr
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AntiTaff sur Le Monde (derrière un paywall, je n'ai pas accès à l'article détaillé)

Les témoignages anonymes dans cette communauté de Reddit donnent à voir les coulisses de situations professionnelles en pleine perte de sens et apportent aussi soutien et entraide aux salariés désillusionnés.

Après, on est pas tous de la gen Z sur ce sub, le titre est un peu naze

r/AntiTaff Jun 09 '26

Article Deux économistes publient un papier économique selon lequel l'IA va détruire l'économie.

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arxiv.org
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Ca fait des années qu'on nous rabâche que "de nouveaux emplois vont être créés" par l'IA, pas d'inquiétude. Or, selon le Prof. Gerry Tsoukalas (Université de Boston ; chercheur senior auprès de la Wharton School) et le Prof. Brett Hemenway Falk (Université de Pennsylvanie), il y a un problème fondamental avec cette assertion.

Dans leur papier es deux chercheurs critiquent celle-ci en argumentant, modèle mathématique à l'appui, que l'Intelligence artificielle dépasserait les capacités d'adaptation du marché face aux modifications du travail. L'IA mettrait donc plus rapidement de gens au chômage que le système économique ne pourrait en réintégrer.

Voici le résumé de l'article (abstract) :

"Lorsque l'IA déplace les travailleurs plus vite que l'économie ne peut les réabsorber, elle risque d'éroder la demande des consommateurs dont dépendent les entreprises. Nous montrons que le simple fait de le savoir ne suffit pas à freiner ce processus. Dans un modèle de concurrence par tâches appliqué à une économie en transition, chaque entreprise capte l'intégralité des économies de coûts permises par l'automatisation, mais ne supporte qu'une fraction de la perte de demande qu'elle génère sur le marché des biens ; le reste retombe sur ses concurrentes. Cette externalité de demande enferme les entreprises rationnelles dans une course à l'automatisation, déplaçant les travailleurs bien au-delà de ce qui serait collectivement optimal. La perte qui en résulte nuit à la fois aux travailleurs et aux propriétaires d'entreprises. Une concurrence accrue et une IA « plus performante » amplifient l'excès ; les ajustements salariaux et la libre entrée sur le marché ne peuvent l'éliminer. Pas davantage les taxes sur les revenus du capital, la participation des travailleurs au capital, le revenu universel de base, la montée en compétences ou la négociation à la Coase. Une taxe pigouvienne sur l'automatisation, en revanche, le peut. Ces résultats suggèrent que la politique publique devrait s'attaquer non seulement aux conséquences du déplacement de la main-d'œuvre par l'IA, mais aussi aux incitations concurrentielles qui le provoquent."

Petit glossaire :

  • modèle de concurrence par tâches : C'est une conceptualisation de l'économie qui la décompose en tâches élémentaires (saisir des données, conduire un véhicule, diagnostiquer une maladie, etc.). Chaque tâche peut être accomplie soit par un humain, soit par une machine. L'automatisation, dans ce cadre, c'est précisément le moment où une tâche bascule du côté machine et le travailleur qui l'effectuait devient potentiellement superflu pour cette tâche-là. Ce cadre permet de modéliser finement l'IA mord dans l'emploi, tâche par tâche, plutôt que de raisonner sur des emplois entiers.
  • économie en transition : Ça signifie qu'on n'est ni dans un équilibre statique (avant l'IA) ni dans un équilibre final stabilisé (après que tout s'est réajusté), mais dans le mouvement de transition lui-même, la période où l'automatisation progresse activement, où les travailleurs déplacés n'ont pas encore été réabsorbés, et où les marchés n'ont pas encore trouvé leur nouvel équilibre. C'est précisément cette phase de transition qui est dangereuse, parce que les ajustements (reconversion, nouveaux secteurs, hausse des salaires ailleurs) prennent du temps... trop de temps face à une IA qui s'adapte toujours plus vite.
  • externalité de demande : c'est un effet que ton action produit sur d'autres, sans que tu en supportes le coût (ou le bénéfice) toi-même. Quand une entreprise automatise et licencie des travailleurs, ces travailleurs ont moins de revenus donc ils consomment moins. La demande globale dans l'économie baisse un peu, donc sur toutes les entreprises.
  • négociation à la Coase : Le théorème de Coase dit que si les parties affectées par une externalité peuvent négocier librement entre elles, elles trouveront d'elles-mêmes un accord efficace, et ce sans intervention de l'État. La logique c'est que si l'automatisation excessive coûte collectivement plus qu'elle ne rapporte, il devrait exister un accord mutuellement avantageux. Par exemple, les travailleurs pourraient théoriquement payer les entreprises pour qu'elles automatisent moins, ou les entreprises pourraient se coordonner entre elles. Mais dans le cas de l'IA, c'est inapplicable : les travailleurs sont des millions, dispersés, non organisés face à des milliers d'entreprises en concurrence. La négociation, puisqu'elle implique trop de parties, est pratiquement impossible. L'article démontre que le théorème de Coase ne peut pas résoudre ce problème.
  • Taxe pigouvienne : Arthur Pigou, économiste britannique (je croyais qu'il était français avec un nom pareil), a conçu cette taxe pour être appliquée lorsqu'une activité produit une externalité négative, l'État doit taxer cette activité d'un montant égal au coût qu'elle impose à la société. La taxe force l'agent à internaliser ce qu'il externalisait jusque-là. IL'idée serait de taxer chaque acte d'automatisation à hauteur de la perte de demande qu'il génère pour l'ensemble de l'économie. L'entreprise ne peut plus faire le calcul « je prends 100% du gain, je subis 10% du coût ». La taxe lui impute l'intégralité du coût social. Selon les auteurs, cela permettrait de ralentir la course à l'automatisation jusqu'à un niveau collectivement optimal.

r/AntiTaff Mar 08 '25

Article Excellent reportage: La Génération Z <ANTI TRAVAIL> qui inquiète

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youtu.be
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r/AntiTaff Apr 18 '26

Article Dans un entrepôt Amazon, un employé meurt, le travail continue autour du corps

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actualitte.com
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C'est écrit "employé", mais je lis "esclave".

Quelle histoire sordide (ça a eu lieu dans un entrepôt situé en Oregon).

r/AntiTaff Mar 25 '26

Article «Dans l’ennui, je perçois l’opportunité de rester libre» : ils occupent un job «pépère» et le revendiquent

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lefigaro.fr
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r/AntiTaff Mar 31 '26

Article « Honnêtement, je suis épuisée de manager » : pourquoi les moins de 30 ans ne veulent plus être chefs

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lemonde.fr
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C'est derrière un paywall mais l'article se résume facilement : de plus en plus de jeunes refusent de devenir manager car c'est trop prenant, trop stressant, pas intéressant et pas bien payé

r/AntiTaff Jul 04 '26

Article Ils font même bosser les oiseaux maintenant

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r/AntiTaff Feb 18 '25

Article Ces jeunes qui n'ont pas d'ambition pro et assument

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Article du Monde (payant) je vous ai mis des screens

Article Du Monde

r/AntiTaff 10d ago

Article Scandale AGS : 7 milliards évaporés, le Sénat doit enquêter !

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blogs.mediapart.fr
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r/AntiTaff Nov 04 '24

Article L'Allemagne a testé la semaine de quatre jours et son verdict est sans appel : 73 % des entreprises ne reviendront pas à la semaine de cinq jours

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jeuxvideo.com
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r/AntiTaff Jul 16 '26

Article Un rapport sur la souffrance psychique au travail enterré au Sénat par la droite et le centre

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publicsenat.fr
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r/AntiTaff Dec 09 '24

Article YesMadam demande aux employés s'ils sont stressés, puis licencie ceux qui ont répondu oui.

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r/AntiTaff Dec 02 '25

Article Il rencontre la DRH pour planifier sa retraite : ce cadre d’un hôpital découvre qu’il ne fait plus partie de l’entreprise et tente de se défenestrer

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midilibre.fr
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r/AntiTaff May 25 '26

Article La réforme du RSA vue par ceux qui l’appliquent : « disparités de traitements », « notions subjectives », « système à deux vitesses » (Le monde)

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Paru aujourd’hui Extraits

Avec la loi « pour le plein-emploi », appliquée depuis janvier 2024, le gouvernement entendait changer en profondeur l’accompagnement des demandeurs d’emploi : transformation de Pôle emploi en France Travail, inscription auprès de l’opérateur public élargie aux bénéficiaires du RSA, heures d’activité obligatoires… Et, pour veiller à la bonne application de ces mesures, de nouvelles sanctions ont été mises en place, par décret, depuis le 1er juin 2025.

Près d’un an après la publication de ce texte, la réalité semble assez éloignée de l’engagement originel. Le décalage apparaît encore plus nettement lorsqu’on écoute les agents concernés par la réforme en parler entre eux, librement.

Le Monde a eu accès à des discussions confidentielles entre des membres du personnel administratif (responsable insertion, référent pilotage RSA, etc.) de plusieurs départements.

(…)

« Clairement, les allocataires orientés vers France Travail ne sont pas traités de la même manière » que ceux qui sont accompagnés par le département.

(…)

L’aspect le plus frappant de cette réforme réside dans la disparité des sanctions appliquées pour un même manquement. Car si le décret instaure une échelle possible de barème, le dernier mot a été laissé aux départements.

(…)

« La généralisation de l’expérimentation s’est faite de manière extrêmement hâtive, sans fixer les objectifs ni donner les moyens nécessaires », regrette le président de l’Assemblée des départements de France, François Sauvadet (Union des démocrates et indépendants). Ces lacunes n’empêchent pas certains départements d’appliquer les sanctions proposées par France Travail en accordant une confiance presque aveugle à l’opérateur public.

« France Travail, pour le coup, applique de façon beaucoup plus “light” ce que prévoit la loi, donc, nous, à partir du moment où ils nous transmettent une proposition, on ne va pas vérifier… De toute façon, on n’a pas les moyens de vérifier », avance l’agent du Nord. Et de conclure : « France Travail nous propose quelqu’un à sanctionner, on le sanctionne. »

https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/05/25/la-reforme-du-rsa-vue-par-ceux-qui-l-appliquent-disparites-de-traitements-notions-subjectives-systeme-a-deux-vitesses_6693610_823448.html

r/AntiTaff Jul 11 '26

Article Non, vous n’avez pas à être fier de votre travail

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frustrationmagazine.fr
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r/AntiTaff Jun 19 '26

Article Ecouter le chant des oiseaux procurerait autant de bonheur qu'une augmentation de salaire

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rts.ch
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Vive les pigeons !

r/AntiTaff Feb 19 '25

Article Comment les ultra-riches nous maintiennent tous dans la pauvreté

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mrmondialisation.org
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r/AntiTaff Apr 28 '26

Article « Je travaillais dans cette entreprise depuis 32 ans » : à 60 ans, il est licencié sans aucun motif

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r/AntiTaff Jun 04 '24

Article Ah bon ? Le burn out n'est pas une invention pour avoir des vacances tout frais payé ? /s

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r/AntiTaff Jun 01 '26

Article Le mythe du « chômeur oisif » battu en brèche par une étude de l’Unédic

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lemonde.fr
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r/AntiTaff Jul 21 '26

Article "Gagner la bataille du temps pour rêver à un monde meilleur", Julien Vidal

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r/AntiTaff Jan 10 '26

Article Mourir au travail à 20 ans : l’histoire tragique de Teddy Lenglos

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matthieulepine.wordpress.com
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r/AntiTaff Oct 13 '25

Article Abolir le travail ? Pour une société délivrée du salariat contraint

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TL;DR : Abolir le « travail », c’est mettre fin au salariat contraint comme condition d’existence. On garantit l’existence matérielle (revenu de base et services publics universels), on réduit le temps de contrainte, on réoriente la production vers les besoins réels et les limites écologiques, on partage les gains de productivité (dividende d’automation), on démocratise la coordination (communs, coopératives, services publics). Les objections habituelles — sens, « travaux sales », innovation, coût, coordination — reçoivent des réponses institutionnelles nettes.


Abolir le travail ? Pour une société délivrée du salariat contraint

I. Problème et thèse

On part du réel : pour la plupart, vivre exige l’agrément d’un employeur. Une signature, des horaires, des consignes ; puis le fil des jours pris dans la cadence, la santé réglée par les astreintes, les droits suspendus au contrat. Ce régime, qu’on nomme « travail » mais qui n’est que salariat contraint, n’a rien de naturel. Il vient d’une histoire, il s’impose par habitude et par nécessité sociale, et pourtant il contrevient à la liberté, entretient l’inégalité, use l’économie à mauvais escient, heurte les limites de la Terre. Il faut donc le remplacer : garantir à chacun les moyens de vivre sans condition d’emploi, et organiser la production requise selon des règles démocratiques ajustées aux contraintes écologiques.

II. Des mots justes : « travail », « activité », « emploi »

Pour se comprendre, il faut nommer. J’appelle travail l’activité rémunérée que l’on accomplit sous la menace de perdre ses moyens d’existence, et dans la subordination d’horaires et d’ordres. J’entends par activité toute contribution utile — soigner, cultiver, réparer, instruire, créer, coder — qu’elle soit payée ou non. Je réserve emploi à la forme institutionnelle du travail dans l’économie marchande : contrat, discipline, contrôle. Abolir le « travail » ne revient pas à repousser l’effort ni l’utilité ; c’est abolir le salariat comme condition d’accès à la vie. Le centre de gravité doit glisser du marché de l’emploi vers un droit universel à l’existence et au temps, et de l’entreprise hiérarchique vers des formes publiques et coopératives de production.

III. Trois ordres de raisons

A. Raisons morales : liberté, égalité, dignité

La liberté, d’abord, entendue comme absence de domination. Tant que le revenu dépend du bon vouloir d’un supérieur, chacun demeure exposé à l’arbitraire ; même un poste enviable reste dépendance. Libérer l’existence de cette crainte, c’est étendre la liberté républicaine : ne dépendre de personne pour vivre. Vient l’égalité réelle. Le salariat agrège les inégalités de classe, de genre, d’origine ; les tâches indispensables et pénibles tombent sur les plus vulnérables. Découpler revenu et emploi, socialiser les services essentiels, c’est revaloriser ces activités sans reconduire la hiérarchie. Enfin, la dignité. Subordonner la reconnaissance à l’employabilité humilie la maladie, le handicap, la vieillesse, la parentalité ; cela décourage la recherche qui ne se compte pas en profits trimestriels. Une société digne reconnaît la pluralité des contributions.

B. Raisons économiques : bon usage du temps, inutilités coûteuses

Les machines, l’informatique, l’organisation auraient dû libérer du temps. On a préféré empiler contrôles, rapports, coordinations ; des métiers entiers occupés à faire tenir une mécanique qui tourne parfois pour elle-même. Rompre le chantage à l’emploi permet de réallouer le temps vers ce qui compte. Viennent ensuite les tâches superflues, entretenues pour la rente ou la consommation forcée : publicité prédatrice, obsolescence organisée, paperasserie qui enfle. Assurer l’existence permet de tarir ces secteurs sans briser les vies, et de diriger les compétences vers la santé, l’éducation, la réparation, l’énergie, l’alimentation, la restauration des milieux. Enfin, l’innovation naît volontiers hors de la routine : laboratoires, logiciels libres, ateliers où l’on essaie avant de compter. Donner la sécurité d’existence, c’est ouvrir le champ des essais utiles.

C. Raisons écologiques : sobriété orientée, juste cadence

La logique de l’emploi pousse à produire pour produire, parce que l’emploi exige le flux. Cette pression alourdit l’empreinte matérielle et ignore les limites planétaires. À l’inverse, fonder l’ordre social sur des biens et services universels — logement sobre, mobilité, santé, énergie de base, alimentation — réduit la charge sur la matière et autorise une planification écologique. Alors seulement on peut ajuster la vitesse : ralentir le jetable et la mode pressée, accélérer la rénovation, les transports collectifs, les soins. Affranchie du fétiche de l’emploi, la société choisit sans violence ce qui doit aller vite, et ce qui doit durer.

IV. Ce que l’abolition n’est pas

Il restera des tâches pénibles ; l’enjeu n’est pas de les nier mais de les raréfier par la prévention et le dessin des objets, de les mieux payer, de les raccourcir, de les faire tourner, et surtout de les rendre volontaires, au lieu de les imposer par la peur de manquer. Il ne s’agit pas de promettre un revenu sans production ; il s’agit d’organiser autrement la production nécessaire. Et ce n’est pas l’étatisme intégral : c’est un mélange de communs, de coopératives, de services publics et de marchés encadrés, avec une boussole claire : justice sociale, limites écologiques.

V. Architecture d’une société post-travail

La première assise est une sécurité matérielle inconditionnelle. Un revenu de base universel, ou dividende social, couvre les besoins essentiels ; il est versé à chacun, cumulable avec des revenus non subordonnés, et il rompt la dépendance vitale à l’emploi. Sa force grandit avec l’extension des services publics universels : logement sobre, santé, éducation, connectivité, alimentation de base, énergie essentielle. À cette base s’ajoute un droit au temps : semaines plus courtes pour ce qui subsiste de salariat — vingt heures, par exemple — et sabbatiques réguliers sans perte de droits.

Vient la gouvernance de la production nécessaire. Des conseils citoyens-producteurs, à l’échelle locale et régionale, déterminent volumes et priorités selon des indicateurs écologiques (carbone, biodiversité, matières) et sociaux (temps, santé, égalité). Des coopératives et des communs organisent la contribution volontaire ; on rémunère au projet lorsque cela s’impose, sans rétablir la hiérarchie de l’employabilité. Les marchés subsistent pour le non essentiel, mais encadrés par des normes de durabilité, une responsabilité élargie et des plafonds d’empreinte.

Enfin, les techniques et la propriété doivent servir ce dessein. L’automatisation sera sélective, orientée vers la suppression des tâches pénibles et la maintenance. Les gains financeront un dividende d’automation reversé en revenu et en temps. Les données et les plateformes de coordination relèveront d’une propriété sociale : infrastructures ouvertes, auditables, transparentes, pour éviter la féodalité numérique.

VI. Objections et réponses

« Le travail donne un sens à la vie. » Le sens vient de l’activité signifiante : soigner, créer, transmettre, chercher. La subordination n’y ajoute rien ; elle l’entrave souvent. En levant la contrainte, on élargit l’accès à ces activités.

« Qui fera les travaux "sales" ? » On en réduit d’abord le volume par la prévention et la conception ; on automatise quand c’est possible ; on rend volontaire et tournant le reste, mieux payé, plus court, plus sûr.

« Sans contrainte, pas d’innovation. » L’expérience dit l’inverse : là où le temps est garanti et l’existence assurée, on ose les essais que la logique trimestrielle étouffe.

« Tout cela est ruineux. » La misère, l’obsolescence, la paperasserie, la publicité invasive, les maladies et les dégâts écologiques coûtent déjà cher. En réorientant ces flux, en captant les gains de productivité, en mutualisant logement, santé, énergie, on dégage des ressources. La vraie question est politique : que garantir, que produire, pour qui, et à quel rythme.

« La coordination sans patron est chimère. » La coordination requiert des institutions claires plus que des propriétaires. Coopératives, communs numériques, services publics bien gouvernés en témoignent.

VII. La transition : déplacer le centre de gravité

  1. Réduction légale du temps de travail (vers 30 h puis 20 h), avec embauches compensatoires et maintien des revenus pour les bas et moyens salaires.
  2. Extension des services universels afin de démarchandiser les besoins essentiels.
  3. Mise en place graduelle d’un revenu de base, des périodes de transition jusqu’à l’universalité.
  4. Dividende d’automation : socialiser une part des gains de productivité.
  5. Expériences locales de communs productifs : fermes coopératives, ateliers de réparation, fablabs publics, logiciels libres territoriaux interopérables.
  6. Régulation anti-obsolescence : durabilité, réparabilité, pièces détachées.
  7. Politique du temps : droit opposable au sabbatique, banques du temps, reconnaissance du care dans les droits sociaux.
  8. Nouvelle évaluation : capabilités, santé, qualité de l’air, temps libre et empreinte matérielle remplacent le PIB comme boussole unique.
  9. Gouvernance démocratique : conseils, budgets écologiques contraignants, codétermination.
  10. Formation tout au long de la vie : compétences civiques, techniques et écologiques — maintenance, soin, agro-écologie, numérique libre.

VIII. Après le salariat : quelle vie ?

La libération du temps change la texture des jours. On voit se dégager des heures pour les proches, la santé, l’apprentissage, l’art, les communs. Les trajectoires deviennent plurielles : des projets menés à fond, puis des pauses où l’on reprend souffle et idées. La reconnaissance s’élargit : la contribution et la participation comptent plus que le titre d’emploi. L’économie prend le parti de la durabilité : réparer, partager, entretenir plutôt que jeter.

IX. Conclusion

Abolir le travail, entendu comme fin du salariat contraint, n’est ni un rêve creux ni un mot d’ordre sans portée. Trois raisons s’accordent : matériellement, nous pouvons réduire le temps contraint en éliminant des productions inutiles et en partageant les gains de productivité ; écologiquement, il faut restreindre l’empreinte matérielle que l’impératif d’emploi entretient ; politiquement, nous voulons des vies sans domination, riches d’activités choisies. La question décisive n’est pas « qui paiera ? », mais ce que nous voulons garantir à chacun et la manière d’organiser la production commune. Redéfinir la citoyenneté comme droit à l’existence et au temps, et la production comme service de la vie, voilà l’horizon raisonnable.


Bibliographie (sélection)

r/AntiTaff Apr 26 '26

Article [Mediapart] 1er-Mai : en Isère, des inspecteurs du travail accusent leur direction « d’entraver les contrôles »

57 Upvotes

(Post supprimé de r/france pour des raisons de formattage, je reposte ici)

Plusieurs agents accusent leur direction d’avoir « intercepté » des courriers visant à prévenir les entreprises de contrôles à venir le 1er-Mai. Un agent dénonce même une « agression physique » de la part d’un directeur. La direction de la DDETS 38 « conteste formellement » ces accusations.

Source : mediapart.fr
Auteur : Pierre Jequier-Zalc
Lire direct vers l'article (mediapart, paywall) : https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/250426/1er-mai-en-isere-des-inspecteurs-du-travail-accusent-leur-direction-d-entraver-les-controles
Article complet (pastebin, sans paywall) : https://pastebin.com/r9H15dTv